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Twitter ne veut pas censurer le compte de Donald Trump, jugé "d’intérêt public"

Publié le

par Benjamin Benoit

Le président américain a beau être l’une des personnes les plus puissantes du monde, il contrevient sans cesse aux conditions d’utilisation de Twitter. Sauf que le réseau social ne peut pas grand-chose. Explications.

Traduction : "Hé, Jack [Dorsey, fondateur et PDG de Twitter] est-ce qu’une menace de guerre nucléaire contrevient aux règles d’utilisation de Twitter ?"

Le monde est coincé entre deux chefs d’État, disposant tous les deux de la bombe atomique. Pas de chance : l’un des deux est particulièrement connu pour son utilisation, aussi débridée qu’intensive, de Twitter. Dernièrement, l’un de ses tweets a retenu l’attention des utilisateurs… et de l’opinion publique internationale.

Traduction : "Je viens d’apprendre que le ministre des affaires étrangères de la Corée du Nord allait parler à l’ONU ! S’il ne fait que répéter le petit Rocket Man, ils ne vont pas faire long feu !"

"Rocket Man" est une pique pour Kim Jong-un, le dictateur de la Corée du Nord (le terme proviendrait selon certains d’une chanson d’Elton John). Un surnom déconcertant qu’il avait déjà balancé lors de son dernier discours aux Nation unies. Pragmatiquement, évoquer la disparition d’un pays reste une menace violente, qui rentre en contradiction directe avec les conditions d’utilisation de Twitter. En temps normal, c’est un exemple suffisant pour être signalé et encourir la suppression de son compte… mais Donald Trump n’est pas l’auteur d’un compte lambda, et il ne risque pas de sanctions particulières, malgré les nombreuses invectives de twittos inquiets.

Traduction : "Twitter, si on se retrouve en guerre contre la Corée du Nord parce que vous n’avez pas daigné supprimer un tweet, je vous tiendrai pour responsable."

Twitter, confronté à cette situation improbable, s’est fendu d’une série de tweets pour exprimer son point de vue. Même si le site reconnaît que tout le monde doit être soumis aux mêmes règles sans exception, il pointe du doigt le fait que le compte de Donald Trump est d’intérêt public. Ce critère s’applique donc lorsque l’un de ses tweets viole les règles de la plateforme – cette politique appliquée en interne devrait être bientôt officialisée par une mise à jour du règlement du site.

Dire que ce n’est pas la première fois qu’un tweet du président confine à l’incitation à la violence et à la haine est un doux euphémisme. Par le passé, il avait, entre autres, partagé un gif le mettant en scène en train de tabasser une représentation de la chaîne CNN.

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