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Troll : quand Libé apprend à un porte-parole du FN qu'il est un immigré

Publié le

par Arthur Cios

"Jean Messiha, français de souche par naturalisation."

C'est une version contemporaine de l'arroseur arrosé, ici donc du trolleur trollé. Libé désintox a eu au téléphone hier un porte-parole du FN, Jean Messiha. Le coordinateur du projet présidentiel de Marine Le Pen était interrogé par le célèbre quotidien français à propos de la proposition de réduire le solde migratoire à 10 000. Jusque-là, tout va bien.

Si ce n'est que les propositions sur ce sujet sont bien plus floues qu'en 2012, où la candidate du Front national (FN) parlait de 10 000 entrées sur le territoire par an. Maintenant, on ne sait pas s'il s'agira du solde migratoire à proprement parler, c'est-à-dire la différence entre le nombre d'individus étant entrés sur le territoire français et ceux l'ayant quitté – peu importe la nationalité –, ou s'il s'agit du solde migratoire des immigrés (le solde de ceux qui sont nés étrangers à l'étranger, comme l'explique France info). Bref, Libé essayait très justement d'en savoir plus sur cette proposition.

Quand les journalistes du quotidien français ont demandé à M. Messiha s'il s'agit d'immigrés ou d'étrangers, ce dernier a très sérieusement répondu :"On parle d'étrangers, mais c'est la même chose. Je ne comprends pas votre question."

Dans une série de tweets, Libé raconte l'échange qui a suivi, les journalistes expliquant à l'intéressé que selon l'Insee, il est possible d'être immigré et Français, dans le sens où "un immigré est une personne née étrangère à l'étranger et résidant en France. Même si elle est devenue française."

La suite de l'échange est juste parfaite !

Celui qui se décrit sur Twitter comme "français de souche par naturalisation" – ce qui peut sembler absurde dans l'absolu, mais passons – s'est fendu d'un tweet ironique se moquant de Libé, et de tout cet échange.

Si, d'un côté, l'un a déroulé tout son argumentaire, allant même jusqu'à évoquer une "gauche xénophobe" et mettant en avant la notion de nationalité, le journal a fait un gros travail de fact-checking, revenant sur la confusion des termes et les chiffres avancés par le parti d'extrême droite.

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