À l'ère de Tinder, les cas de MST en inquiétante augmentation

À Rhode Island, outre-Atlantique, les cas de MST grimpent en flèche, syphilis en tête. Au banc des accusés, les applis mobile de rencontre comme Tinder, Grindr, Happn. 

(Crédits image : Denis Bocquet)

(Crédits image : Denis Bocquet)

La vague d'applications de rencontre mobile n'en finit pas de séduire. Selon L'Expansion, lancée début 2014, Happn compterait 100 000 utilisateurs rien qu'à Paris. En juin 2014, le poids lourd Tinder revendiquait 2 milliards de "matches" depuis son lancement en 2012, et 850 millions de "swipes" par jour.

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Sauf que ce succès de l'ère numérique s'accompagne d'une corollaire bien terre à terre, elle : selon le département de Santé du Rhode Island, aux États-Unis, l'usage croissant d'applis de rencontre est à mettre en relation avec une augmentation particulièrement préoccupante de cas de maladies sexuellement transmissibles (MST) : de 2013 à 2014, les cas de syphilis ont augmenté de 79%, les infections urinaires comme la gonorrhée de près de 30% et la détection de nouveaux cas de VIH de 33%. Dans un communiqué de presse paru le 22 mai, le département de Santé pointe du doigt quelques-unes des causes soupçonnées :

Les comportements à haut risque incluent autant le recours aux applications sociales qui permettent d'arranger des relations sexuelles entre des personnes souvent anonymes, avoir des relations sexuelles non protégées, multiplier les partenaires sexuels et avoir des relations sexuelles sous l'influence de drogues ou d'abus d'alcool.

Des coupables tout désignés

Si le nom des applications mobile n'est pas directement mentionné, ce n'est pas la première fois que l'augmentation des cas de MST conduit à la désignation des nouvelles tendances de rencontre en ligne comme coupables tout trouvés.

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En 2013, une étude de l'université de New York intitulée "Internet's Dirty Secret" faisait un lien entre le site de petites annonces Craigslist et l'augmentation de 16% des nouveaux cas de VIH entre 1999 et 2008. En guise de conclusion, les chercheurs écrivaient alors cette terrible sentence :

Les individus sont enclins à brader leur assurance de ne pas être touchés par le VIH ou une autre MST et prêtent une haute valeur à la gratification instantanée qu'offrent les rapports sexuels occasionnels.

Difficile de savoir quelle est la responsabilité effective des applis mobile dans l'augmentation des cas de MST dans le Rhode Island, mais le plus petit État des USA pourrait s'inspirer du Brésil, où la prévention se fait à la source. Selon Metronews, de faux profils Tinder ont été créés par le gouvernement de Brasilia pour diffuser le message de prévention suivant : "Attention, il est difficile de savoir qui est porteur du VIH. Amuse-toi bien mais prends soin de toi."

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Happn, Tinder, Grindr, Lovoo, Adopteunmec, Parship... Quelle que soit votre appli favorite, peu importe : baisez à fond, mais protégez-vous.

Par Théo Chapuis, publié le 28/05/2015

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