Par Fanny Hubert

Annoncée comme une mini-révolution, la plateforme de streaming développée par Jay Z a fait un véritable flop. 

L'ambition de Jay Z a peut-être été démesurée. Sa plateforme de streaming Tidal, lancée fin mars dernier en grande pompe, n'a pas du tout été le succès escompté. Pourtant présenté comme “le premier service de streaming qui combine le meilleur son de qualité hi-fi, des clips en HD et un contenu éditorial soigneusement sélectionné”, le projet peine à convaincre.

Après avoir fait une brève apparition dans le top 20 des applications iPhone les plus téléchargées, Tidal ne figure même plus dans le top 700, selon le site BGR. Au regard de cet échec, le PDG Andy Chen a été viré. Son remplaçant, Peter Tonstad, ancien consultant du Ministère norvégien de l'Environnement, a donc du pain sur la planche. Mais les déboires ne s'arrêtent pas là.

Retour de bâton

La principale stratégie de Tidal a été de critiquer les autres plateformes de streaming telles que Pandora et Spotify. Le service promettait de rémunérer comme il se doit les artistes alors que ces services en question ne proposaient pas une rémunération attractive. Seulement voilà, la stratégie n'a pas été payante, bien au contraire. Pandora et Spotify ont connu un regain de succès que Jay Z ne devait pas avoir prévu.

Le 20 avril, Pandora et Spotify figuraient respectivement à la 3ème et 4ème position des applis les plus rentables. Et c'est la première fois que deux plateformes de streaming se trouvent ensemble dans le top 4. Spotify est également revenu dans le top 40 des applis les plus téléchargées sur iPad pile au moment où Tidal s'en prenait justement à la plateforme. "Ce n'était pas arrivé depuis novembre 2014" indique le journaliste de BGR.

De plus, Kanye West, l'une des personnalités présentes au lancement de Tidal vient de supprimer tous ses tweets dans lesquels il mentionnait la plateforme. Même si le rappeur originaire de Chicago est connu pour mettre régulièrement à jour son compte, l'information fait parler.

Tidal n'a donc rien d'une révolution. Attaquer ses concurrents n'était définitivement pas la meilleure idée et, surtout, le plan de com' adopté avait plutôt de quoi agacer. Réunir les plus grands noms de l'industrie musicale qui gagnent des millions – Madonna, Kanye West, Calvin Harris, Daft Punk, Nicky Minaj... – pour dénoncer le manque de rémunération des artistes semblait finalement un peu hypocrite.