Tess Munster

Tess Munster, la mannequin grande taille qui bouscule les standards de la mode

Alors que les modèles grande taille ne dépassent que rarement la taille moyenne des françaises, à savoir un 40 voire 42, Tess Munster montre que les kilos supplémentaires ne sont pas un obstacle à la beauté.

Tess Munster, modèle Plus-Size

Tess Munster, modèle Plus-Size

La modèle affiche fièrement une taille 50 et rencontre un succès inespéré. Tess a d'ailleurs lancé un mouvement global sur Twitter avec le hashtag #effyourbeautystandards (traduit approximativement par un "j'emmerde vos standards de beauté"). Chaque seconde, des internautes partagent ce hashtag à l'arrière-goût de revanche.

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En effet, si la mannequin s'est heurtée à la discrimination tout au long de sa vie, son poids n'a pourtant pas freiné sa réussite. Avec un contrat récemment signé chez Milk Models Management, la belle américaine de 29 ans semble susciter un engouement tout particulier.

Le fat-shaming

Dans son succès, elle entraîne avec elle des milliers de femmes soumises à l'oppression sociale en leur permettant de s'affirmer et de se libérer. Les diktats de la mode étaient ses ennemis principaux sur le chemin de la notoriété, mais il n'en reste plus rien. Avec son mouvement #effyourbeautystandards, Tess Munster va au-delà des progrès de ses prédécesseuses.

En montrant un poids frôlant l'obésité, Tess Munster bouscule les codes de la beauté en profondeur. Son succès encore mince en France confirme ceci. Montrer l'obésité est un tabou, alors sous couvert de protection de la santé, il est mieux de la cacher. Même les grandes tailles "classiques" peuvent parfois être dissimulées. Ceci a un nom : le fat-shaming.

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Incrusté dans la vie quotidienne, ce dernier se manifeste plus souvent que l'on ne le croit. Les exemples se multiplient malgré une lutte toujours plus forte contre les discriminations. Alyssa Milano, ancienne héroïne de la série Charmed, a subi des attaques de toutes parts après sa prise de poids, Dove prend le parti de montrer des corps "normaux" lors d'une de ses campagnes mais exclut les trop gros gabarits... La dictature de la minceur est partout, même dans l'industrie plus-size.

La dénonciation de diktats dangereux

Cette tendance est forte en conséquences. Même les femmes enceintes décident parfois de suivre des régimes draconiens afin de conserver leur apparence filiforme. Ce qui est déjà appelé la "mommyrexie" préoccupe la toile. La blogueuse Caroline Berg Eriksen a ainsi affiché un corps digne des plus grands mannequins juste après la naissance de son enfant. De nombreux risques semblent tout droit issus de cette mode de la maigreur à tout prix.

Cependant, les initiatives afin d'afficher des corps de tous types se multiplient. Le Sydney festival qui s'est tenu du 8 au 26 janvier a ainsi pris le parti de programmer "Nothing to lose". La représentation met en scène des protagonistes hors norme, dansant devant un public encore préoccupé par la question du poids. Leur intervention, sous la direction de la chorégraphe Kate Champion a pour but de mettre en avant des corps plus larges ainsi que les particularités qui sont reliées à ce type de poids.

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Les corps "plus-size", aux abonnés absents dans les médias, tendent donc à conquérir l'espace et montrer qu'ils n'ont rien d'anormal. Le montée en puissance de Tess Munster dans l'industrie de la mode en est un exemple significatif.

La plus grande taille des modèles grandes tailles semble promise à une carrière des plus étonnantes. Le pari de l'agence était risqué, mais au vu du succès de son mouvement #effyourbeautystandards, l'engouement du public n'est pas à mettre en doute.

Par Aline Cantos, publié le 29/01/2015

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