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Terraformation de Mars : ça risque d’être plus chaud que prévu

Le processus de transformation de la planète rouge en monde similaire au nôtre sera plus ardu qu’on ne le pensait. Il y aurait notamment moins de réserves de CO2 que prévu.

(© 20th Century Fox)

Certains chercheurs y ont cru dur comme fer. Des auteurs de science-fiction lui ont consacré leur plus belle plume. Un milliardaire excentrique féru de conquête spatiale, Elon Musk pour ne pas le nommer, a également manifesté des velléités tenaces. Autant d’esprits en ébullition attachés à la transformation de Mars en planète habitable qui viennent de se prendre une bonne douche froide.

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Dans un papier publié par Nature Astronomy, deux chercheurs états-uniens, Bruce M. Jakosky et Christopher S. Edwards, affirment, après avoir analysé les archives des données fournies par des sondes spatiales, que la terraformation de Mars était, au jour d’aujourd’hui, tout bonnement impossible.

En l’état, la planète rouge n’a rien de human friendly : on se les gèle (la température moyenne est de -53° C) ; il n’y a pas d’eau sous forme liquide ; l’oxygène pèse très peu dans le game (sur Mars on a 95,32 % de CO2, 2,7 % d'azote et 0,13 % d’oxygène, tandis que sur Terre c’est 78 % d’azote et 21 % d’oxygène) ; et vous n’êtes pas protégés des rayons cosmiques qui ne vous veulent aucun bien.

Cela n’a pas toujours été le cas. Il y a plus de 4 milliards d’années, Mars était moins inhospitalière. La planète disposait d’un champ magnétique, et donc d’une belle atmosphère. Mais voilà : les vents solaires, à la longue, ont rongé son épaisseur, rendant Mars telle qu’elle est aujourd’hui. Pour une fois, on peut dire que c’était mieux avant.

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Vue d’artiste du processus de terraformation de Mars. (© Daein Ballard/Wikimedia/CC)

La méthode la plus intuitive, pour retailler une belle atmosphère à notre charmante voisine, serait de libérer beaucoup de gaz à effet de serre. Jusque-là, les regards s’étaient tournés vers le CO2, que l’on pensait abondant dans les calottes glaciaires (que l’on imaginait faire fondre) et les roches de surface, les régolithes. Sauf que les deux chercheurs affirment que ni les unes ni les autres ne contiennent suffisamment de réserves de CO2. Et quand bien même il y en aurait assez, nous ne serions pas armés pour l’extraction :

"Nos résultats suggèrent qu’il n’y a plus assez de CO2 sur Mars pour assurer un réchauffement lié à l’effet de serre, en injectant du gaz dans l’atmosphère. En outre, la plupart du CO2 présent dans ces réservoirs n’est pas accessible et ne peut pas, dans l’immédiat, être mobilisé. "

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L’homme terrien, jamais en reste, a quand même échafaudé d’autres solutions, très belles sur le papier mais encore totalement irréalisables : il y a bien ces cyanobactéries très tenaces qui pourraient faire de la photosynthèse ou encore cette idée un peu folle de créer un champ magnétique martien artificiel. Mais nous sommes encore dans un brouillard incertain, à la croisée de la science, de la science-fiction et de l’onirisme.

Elon Musk, alpagué sur Twitter, a tenu à rassurer tout le monde (mais reste très évasif sur les modalités) :

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Traduction : - "Désolé Elon, il n’y a pas assez de CO2."
- "Le CO2 est massivement présent dans les sols de Mars, il pourrait être libéré avec de la chaleur. Avec suffisamment d’énergie provoquée par une fusion artificielle ou naturelle (celle du Soleil), vous pouvez terraformer n’importe quel gros corps rocheux."

Par Pierre Schneidermann, publié le 03/08/2018

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