Quand la tenue vestimentaire influence votre comportement

Plusieurs études mettent en évidence l'influence de la tenue vestimentaire sur le comportement humain et le fonctionnement du cerveau. Un nouveau domaine d'étude pour les sciences cognitives.

Dans Crazy, Stupid, Love, Ryan Gosling doit prendre soin d'un cas vestimentaire appelé Steve Carell

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La science a tranché : oui, la robe de bure ferait effectivement le moine. Un étude conduite par quatre chercheurs et parue le mois dernier dans Sage visait à déterminer l'influence de la tenue vestimentaire (et, dans ce cas précis, du costume) sur le comportement. Elle a permis de montrer que porter une tenue formelle favorise la pensée abstraite, tandis que les tenues de tous les jours poussent à penser plus concrètement.

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En clair, enfiler un costume, symbole universel de pouvoir, vous incite à tout envisager sous l'angle professionnel, tandis qu'un pantalon de pyjama vous fera réfléchir de façon plus terre-à-terre, directement liée à ce qui vous entoure.

Le "facteur costume"

Pour parvenir à ce résultat, les quatre chercheurs ont effectué une série de tests. Dans la première phase, les participants, tous étudiants, ne recevaient aucune instruction préalable. Ils étaient ensuite invités à noter la formalité de leur tenue, avant de passer une série de tests déterminant leur type de pensée (abstraite ou concrète).

Dans la seconde phase, un groupe recevait la consigne de venir habillé "comme pour un entretien d'embauche" tandis que l'autre devait s'habiller "comme pour aller en classe". Après les tests de réflexion, il est apparu que le premier groupe développait une pensée abstraite, tandis que le second développait lui une pensée concrète, permettant aux chercheurs d'établir un lien.

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Le "facteur costume" s'appliquerait-il toujours à ceux qui le portent constamment ? Michael Slepian, l'un des chercheurs interrogé par The Atlantic, en est convaincu :

Peu importe à quelle fréquence vous portez des costumes, si vous en portez, c'est que vous êtes probablement dans un contexte qui n'est pas celui, intime et confortable, de l'absence de dress code. Ainsi, peu importe que vous portiez des costumes quotidiennement ou uniquement aux mariages, je suis certain que l'influence resterait la même car la tenue vous paraîtra formelle dans les deux cas.

S'habiller, c'est aussi se définir

Si ce champ des sciences cognitives n'en est encore qu'à ses balbutiements, une autre étude publiée dans la revue Journal of Experimental Social Psychology et sortie en 2012, avait déjà donné des résultats intéressants, donnant naissance à la "cognition vestimentaire", l'idée que la tenue vestimentaire sculpte et oriente la pensée.

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Dans cette étude, deux groupes de participants devaient se plier à des tests d'attention. Ils devaient regarder à deux images pendant un temps limité, puis repérer et noter les différences entre les deux. Le premier groupe était habillé normalement, tandis que l'on donnait au second et au troisième des blouses blanches, en disant à certains qu'elle appartenaient à un artiste peintre et à d'autres qu'elles appartenaient à un médecin. Les résultats du groupe des "médecins" ont systématiquement été meilleurs.

De la même façon, des marques comme Lululemon, qui a popularisé les yoga pants, ces pantalons de sport hyper-moulants aujourd'hui portés au quotidien par toute une frange de la population féminine, ont basé leur modèle économique sur cette corrélation entre tenue et raisonnement. Tout tient à la valeur symbolique que chacun accorde à un certain type de tenue, et à celles qui font consensus : costume pour pouvoir, camouflage pour militaire, blouse blanche pour savoir, etc. Un discours performatif en forme de vêtement.

Habille-toi comme pour aller à la gym, et tu te sentiras plus énergique. Reste en pyjama toute la journée, et ta journée disparaîtra dans les limbes de la procrastination. Enfile un déguisement de Spider-Man, et tu... bon, d'accord, non, ça ne marche peut-être pas à tout les coups.

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Par Thibault Prévost, publié le 03/05/2015

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