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Tennis : des chercheurs jugent "dépassé" le fait que les femmes jouent moins de sets que les hommes

Publié le

par Matthew Kirby

Pourquoi les femmes devraient-elles jouer des matchs plus courts que les hommes dans les compétitions du Grand Chelem ?

À Wimbledon comme à Roland-Garros, le débat refait surface de temps en temps et la raison invoquée est à chaque fois la même : "Ça a toujours été comme ça." Mais une équipe de chercheurs s’est penchée sur la question, en affirmant que les femmes devraient jouer de la même façon que les hommes des matchs de cinq sets, car les faire jouer seulement trois sets est "dégradant et dépassé". Le docteur Paul Davis, de l’université de Sunderland en Écosse, et Lisa Edwards, professeure à Cardiff, ont ainsi publié un essai dans lequel ils affirment qu’il est "indéfendable" de faire jouer moins longtemps, par exemple, Petra Kitová que Roger Federer.

Ils rappellent que les femmes jouent des matchs complets de 90 minutes au football, de 80 minutes au rugby, 18 trous au golf et courent la même distance que les hommes au marathon, et affirment donc que faire jouer les femmes moins longtemps au tennis entretient l’idée fausse sur leurs supposées limites physiques et une vision désuète de la féminité. "La différence du nombre de sets joués dans le Grand Chelem entre les genres est une tradition culturelle qui rabaisse les femmes", explique Paul Davis, qui est également président de la British Philosophy of Sport Association.

"Cela renforce le stéréotype erroné de l’incapacité des femmes, et d’une notion de féminité sur le déclin, qui est largement remise en cause par les prouesses des femmes sur les courts de tennis et dans d’autres sports. Il faut y mettre fin."

Le chercheur Paul Davis souhaite également que les finales hommes et femmes de Wimbledon alternent chaque année. Pour lui, le fait que les femmes jouent toujours avant les hommes sous-entend qu’elles sont une première partie avant le vrai match, celui des hommes. Cela dit, il reconnaît que toutes les tenniswomen ne voudraient pas nécessairement jouer plus longtemps, et reconnaît la place de la tradition dans le sport.

Traduit de l’anglais par Sophie Janinet

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