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Témoignage : j'ai été agressée sexuellement, mais mon assaillant n'est pas le seul à qui j'en veux

Camille a été agressée sexuellement il y a un an, alors qu’elle faisait son footing. Et c’est aux personnes qui l’ont ensuite mal traitée qu’elle en veut le plus.

(© Wikipédia/CC)

J’ai 22 ans, je suis étudiante et j’habite à Lyon. Il y a un an, début septembre 2016, j’ai été agressée sexuellement par un inconnu pendant que je faisais mon jogging.

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Cette agression, je l’ai racontée sur Facebook sous le hashtag #MeToo, mais j’ai voulu en parler au-delà de mon cercle d'"amis", parce que le problème, ce n’est pas "seulement" mon agression. Le problème, c’est également la façon dont elle a été traitée par la suite.

Pourtant, je fais partie de celles qui s’en sortent bien : il y a eu un procès que j’ai gagné, dommages et intérêts à la clé, et mentalement je pense que je vais plutôt bien vu ce qui m’est arrivé. Sauf que j’ai toujours en travers de la gorge la façon dont les gens ont réagi à cette agression.

Une agression "cliché"

Commençons par le début : l’agression sexuelle. C’était une agression plutôt "cliché", l’image même des agressions traditionnellement véhiculée. C’était le matin, très tôt, et je courais sur les quais du Rhône. Je me suis rendu compte qu’un homme d’une cinquantaine d’années courait derrière moi. Au bout de cinq à dix minutes, dans un passage sans lumière, il a essayé de me parler. J’ai senti son haleine alcoolisée, et j’ai continué en l’ignorant. Mais sans être tranquille : je craignais le pire et serrais les poings en m’énervant intérieurement.

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J’avais beau chercher du regard un autre coureur pour faire demi-tour près de quelqu’un, pour ne pas me retrouver face à l’homme sans personne autour si jamais il tentait quelque chose, il n’y avait personne. Puis je suis arrivée à un endroit où les quais se resserrent, et où je devais courir sous un pont pas du tout éclairé alors qu’il était 6 heures 30.

Je me suis mise à sprinter pour ne pas avoir à courir dans le noir si près de lui, et puis surtout pour voir s’il me courrait après ou faisait juste son footing. J’espérais que je me trompais et que l’homme n’allait rien faire, mais il a sprinté à son tour pour me suivre. À un moment, à bout de souffle, j’ai finalement dû m’arrêter, et l’homme m’a attrapée par derrière et tripotée à travers mes vêtements.

Je n’étais pas sous le coup de la surprise, ni sous celui de l’effet de sidération, et j’ai refusé de le laisser faire. J’entends souvent qu’il ne faut pas répliquer en cas d’agression pour ne pas risquer des violences supplémentaires, mais c’était hors de question pour moi. Je me suis retournée, je l’ai attrapé par le col de son T-shirt et je lui ai hurlé dessus et insulté de tout ce qui me passait par la tête.

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Ça lui a immédiatement fait peur, il avait l’air fragile : il m’a dit qu’il avait des problèmes psychologiques, qu’il était suivi par une psy et que je devais le laisser partir parce qu’il avait un sursis et ça allait lui causer des soucis. Il m’a dit "j’arrête promis, laisse-moi y aller", et je lui ai hurlé "ah oui ça t’arrangerait bien que je te laisse, que je me laisse faire, que je ne bronche pas, que je ne m’exprime pas ? Désolée pour toi, on va rester tous les deux là et attendre les flics".

Quand la police rebrousse chemin

J’ai ensuite attendu des passants pour avoir de l’aide et pouvoir appeler la police, tout en retenant mon agresseur par le col de son T-shirt. J’ai vu une première personne à vélo, que j’ai appelé à l’aide en criant… Et l’homme s’est en allé sans rien dire.

La deuxième passante a elle osé s’arrêter, et je la remercie aujourd’hui. Nous avons pu appeler ensemble le commissariat en donnant bien précisément le nom du pont à côté duquel nous nous tenions, le pont Pasteur — un endroit où j’avais d’ailleurs déjà vécu une autre agression puisque j’avais croisé un mec qui se masturbait en me regardant… à une centaine de mètres du parc pour enfants.

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Un autre passant s’est arrêté et la jeune femme nous a quittés pour partir au boulot. Cet homme, c’est celui qui a attendu l’arrivée de la police avec moi.

Nous l’avons justement bien attendu la police. 5 minutes, puis 10, puis 15. Puis 20 minutes, pendant lesquelles je maîtrisais seule mon agresseur, l’écoutais essayer de négocier, s’excuser, et me retenais pour ne pas lui cracher dessus ou le frapper.

Puisque personne n’arrivait, j’ai finalement essayé d’accéder à mon téléphone qui était accroché à mon bras, tout en tenant toujours mon agresseur par le col. Il en a profité pour essayer de me donner des coups de pied pour partir. Le passant l’a donc mis au sol, un genou sur son épaule, et je me suis assise sur lui pour qu’il ne puisse pas se relever. Je l’ai pris en photo aussi, "au cas où" puisque la police n’arrivait pas.

Et puis j’ai rappelé la police. Qui n’arrivait toujours pas.

On a à nouveau vu un passant, et on lui a demandé s’il avait vu la police. Coup de bol, c’était un gendarme ! Je l’ai donc laissé avec le premier passant pour qu’ils maîtrisent mon agresseur et je suis remontée dans la rue.

J’ai enfin trouvé les policiers venus à ma rescousse. Je leur ai donc raconté toute l’histoire, qui les a bien fait rire. Ils me répétaient en ricanant "vous l’avez arrêté toute seule ? haha", comme s’ils étaient contents d’entendre cette histoire qui leur ferait une bonne blague à raconter à leurs copains. Je suis victime d’une agression sexuelle et vous m’avez laissée seule avec mon agresseur, qu’est-ce qu’on rigole oui.

Ils m’ont expliqué pourquoi ils n’étaient pas arrivés avant : ils étaient bien venus plus tôt vers le pont et m’avaient vue me débattre depuis la rue, en hauteur, mais ils étaient repartis. Ils m’ont dit qu’ils n’étaient "pas sûrs" que j’étais la personne qui avait appelé et pensaient que cette scène avec une femme de 20 ans tenant un homme de 50 par le col n’était qu’une dispute de couple. Ils sont donc partis, tranquillement, sans vérifier. Ils ont même trouvé une deuxième super excuse : ils auraient pensé que j’étais sur les quais où les voitures passent, pas sur les quais piétons. C’est con, il n’y a pas de route à ce niveau sur les quais, et j’avais bien donné le nom du pont au téléphone.

"Et votre short, il arrivait où ?"

Après avoir embarqué mon agresseur, ils m’ont emmenée à l’hôtel de police pour que j’y porte plainte. J’ai attendu dans le bureau de la gendarme qui devait prendre ma plainte, un bureau rempli de posters de Superman (qui représentaient d’ailleurs assez bien l’image que j’avais de moi à ce moment), tandis que j’entendais des gendarmes hilares commenter mon agression dans le couloir. J’étais heureuse qu’une femme, quelqu’un censée être dans mon "camp", prenne ma plainte ; je me disais que j’allais être écoutée.

Je lui ai donc raconté toute mon histoire, quand même un peu gênée puisque j’étais encore sous le choc quand elle m’a demandé de détailler la façon dont il m’avait touchée. Puis est arrivée une question que je ne pensais pas entendre en 2017, qui plus est venant d’une femme : "Vous étiez habillée comment ? Et votre short, il arrivait où ? Juste sous les fesses ?"

C’était il y a un an et je suis toujours révoltée quand je repense à cette phrase. Point positif dans cette affaire, on m’a informée que mon agresseur avait immédiatement reconnu les faits. On m’a ensuite donné les brochures d’associations d’aide aux victimes de violences conjugales pour que je puisse consulter un psy, mais je ne me voyais pas les contacter alors que je n’étais pas dans cette situation.

Une fois la plainte déposée, on m’a informée que mon agresseur devrait être jugé en comparution immédiate le lundi suivant, mais que l’audience serait probablement renvoyée car le juge exigerait une expertise psychiatrique. Je n’ai pas pu m’y rendre puisque je n’étais pas à Lyon ce jour-là, et à mon retour j’ai essayé de contacter le tribunal de grande instance pour savoir où ça en était. Après avoir été renvoyée de service en service, une greffière m’a finalement informée que l’audience avait effectivement été renvoyée à plus tard, et qu’ils m’avaient expédié les papiers censés m’informer de mes voix de recours en tant que victime.

Un brouillard juridique difficile à percer

N’ayant rien reçu, j’ai fait part de mon étonnement à la greffière, qui m’a répété l’adresse à laquelle le courrier avait été envoyé. Manque de bol, ils s’étaient trompés en saisissant mon adresse et l’avaient envoyé… à mon agresseur. Une sacrée erreur : si je ne m’étais pas inquiétée de la suite de cette affaire, je n’aurais eu aucune information sur son avancée et n’aurais jamais exercé mes droits en tant que victime.

Après avoir enfin reçu les papiers, j’ai décidé de me porter partie civile pour obtenir justice et au moins un "dédommagement" symbolique. Sauf que je ne savais pas bien par où commencer : quelles preuves devrais-je apporter, que devais-je demander, et par qui fallait-il que je me fasse représenter ? Je me suis orientée vers des associations d’aides aux victimes (pas spécifiquement d’agressions sexuelles). La première m’a informée que je devrais peut-être demander une aide juridictionnelle pour obtenir gratuitement un avocat, et que je devrais réclamer des dommages et intérêts.

La fourchette qu’ils m’ont donnée était toutefois assez peu précise, et difficile à adapter au dommage psychologique que j’avais subi. Je n’avais d’autant plus aucune notion de ce qui est généralement accordé aux victimes, et me sentais assez peu légitime : j’avais peur de demander trop. Ils m’ont également informée que je devrais aller voir mon médecin pour estimer mon préjudice psychologique, quelque chose que j’aurais aimé savoir directement après l’agression et non pas un mois plus tard.

J’ai assez vite renoncé à obtenir l’aide juridictionnelle pour avoir un avocat gratuit : étant étudiante et ne déclarant pas mes impôts seule, on me réclamait les revenus de mon père à qui je ne voulais pas encore parler de cette affaire. De plus, il faut un certain temps avant d’avoir une décision d’aide juridictionnelle, temps que je n’avais pas puisque l’audience arrivait à grand pas. Enfin, j’estimais ne pas avoir grand-chose de juridique à dire : j’ai donc préféré ne pas me faire représenter et faire valoir mes intérêts seule.

Comme j’avais encore des problèmes pour rédiger ma lettre permettant de me porter partie civile, je me suis rendue à la permanence d’aide aux victimes du tribunal, où plusieurs jours par semaine, des associations d’aide aux victimes se relaient. J’ai obtenu des informations plus précises concernant le montant à donner et ce qu’il me fallait mentionner dans ma lettre. J’ai finalement demandé 1 500 euros au titre des divers préjudices subis.

Quand l’agression est réécrite dans les médias

Mais si vous pensiez que les erreurs des institutions s’arrêtaient là pour mon affaire, laissez-moi vous parler de la façon dont la police a communiqué sur l’agression auprès des médias. Le lendemain des faits, j’ai eu la surprise de découvrir que des articles sur le sujet étaient sortis sur Internet. Et les angles étaient pour le moins étonnants : sur faitsdivers.org, j’ai par exemple lu "des passants sauvent une joggeuse d’une tentative de viol" et les "témoins de la scène se sont battus avec l’agresseur et sont parvenus à le maîtriser". La version de MLyon décrivait elle en plus "des piétons héroïques lui font perdre le dessus et préviennent les forces de l’ordre", ce qu’Europe1 soutenait également. Il semblerait que la police leur ait livré une version bien idyllique des faits… Le comble étant l’article de Lyon Capitale, qui racontait carrément :

"L’homme n’a pas le temps de s’en rendre compte que plusieurs passants sont déjà en train de l’écarter de la jeune femme. Ils préviennent la police, à qui ils remettent l’agresseur quelques instants plus tard."

Alors que c’était moi qui avait arrêté mon agresseur seule, ces articles me dépeignaient comme une victime impuissante, et disaient que j’avais été "secourue par des passants". Moi qui pensais bousculer un peu les préjugés sur le sujet, les médias n’ont fait que me ramener à une sorte de statut de femme victime qui ne sait se défendre sans un homme… ça m’a mise tellement en colère ! Et alors que mon agresseur m’avait dit avoir déjà eu une peine de prison avec sursis, les articles précisaient qu’il n’avait aucun antécédent. Je pense que c’est la gendarmerie qui donne ce genre de versions, sans égard pour les victimes.

Les commentaires sous les articles ne relevaient évidemment pas le niveau, blâmant les joggeuses qui courent en short pour attirer l’œil. Je n’avais pas été préparée à cette confrontation aux opinions extérieures sur l’agression que j’avais subie.

Reports d’audience et condamnation

Je n’étais pourtant pas au bout de mes peines : l’audience au tribunal correctionnel a encore été renvoyée deux fois, faute d’expertise psychologique de mon agresseur qui avait du mal à trouver le cabinet de la psy qui devait le faire. C’était compliqué pour moi, parce que je devais à chaque fois prendre congé de mon job d’étudiante, les audiences se tenant l’après-midi.

Et quelque chose dans le fonctionnement des audiences m’a pas mal choquée : mon agresseur étant sous contrôle judiciaire, il était en liberté. J’ai donc dû patienter des heures durant assise dans la même salle que lui alors que les autres prévenus avaient été arrêtés la veille et étaient escortés par des policiers. C’était d’autant plus difficile qu’on ne m’avait pas prévenue, ce n’est qu’en m’asseyant dans la salle le premier jour que j’ai vu que mon agresseur était là aussi.

Finalement, l’audience du 13 janvier a été la bonne. Et la juge qui s’est occupée de l’affaire a très bien fait son travail — d’ailleurs, quand elle a lu ma plainte à l’audience, elle a spontanément ôté la phrase de la gendarme me demandant ma tenue.

Mon agresseur a tout de suite reconnu les faits et a été condamné à 6 mois de prison ferme, 9 mois de sursis et 1 500 euros de dommages et intérêts, soit tout ce que j’avais demandé — et plutôt beaucoup pour ce genre d’affaire.

Selon le Code pénal, est considérée comme une agression sexuelle "toute atteinte sexuelle sans pénétration et commise sur une victime avec violence, contrainte ou menace". L’auteur d’une agression sexuelle risque 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende, et jusqu’à 7 ans de prison et 100 000 euros d’amende en cas de circonstances aggravantes (vulnérabilité de la victime, alcoolisation du coupable…).

Pourtant, mon agresseur n’a pas été emprisonné, faute de place en prison. Et trois jours après sa condamnation, la gendarmerie m’a appelée pour me dire qu’il avait récidivé dans un métro. Ils voulaient savoir si la nouvelle victime me ressemblait physiquement, s’il avait un type.

À vrai dire, je ne suis pas en colère que la condamnation n’ait pas été appliquée, parce que mon agresseur est quelqu’un qui a manifestement de sérieux problèmes psychologiques, et je ne crois pas à la prison, je ne pense pas que ça règle n’importe quel problème — d’autant plus pour lui.

Qui sont les responsables ?

Aujourd’hui, cela fait plus d’un an qu’il m’a agressée. Et je m’en fiche de cet homme, je n’ai plus de colère contre lui — même si le traumatisme reste présent. J’ai fait quelques crises d’angoisse en y repensant, et j’ai eu du mal à courir par la suite.

Mais ce qui me reste en travers de la gorge, c’est qu’un passant n’ait pas voulu m’aider, que les policiers aient mal fait leur travail, se soient gentiment moqués de moi et m’aient demandé si je n’étais pas habillée un peu trop court pour faire mon footing. J’aurais aimé avoir tout de suite une voie de recours et dénoncer leurs comportements, mais l’association que je suis allée voir m’a dit que je n’avais pas de preuves.

Pourtant, finalement, pour moi les policiers et gendarmes sont plus responsables que mon agresseur, qui lui ne pouvait peut-être pas complètement être tenu responsable de ses actes.

Il y a quelques jours, on m’a toutefois informée de l’existence d’un site permettant de signaler les comportements inacceptables des forces de l’ordre à l’Inspection Générale de la Police Nationale. Cela semble si peu connu que même l’association spécialisée que j’ai consultée n’était apparemment pas au courant. Je compte faire un signalement, parce que je ne veux pas que ces policiers restent impunis.

Moi, je n’ai pas honte, et je parle de ce qu’il m’est arrivé autour de moi, même si ce n’est pas facile. Je l’ai finalement raconté à mon père par exemple, et je l’ai regretté. Sa réaction a été de me dire :

"Ah, et donc tu comptes te faire agresser à nouveau pour financer tes études ? Haha !"

On n’en a plus jamais reparlé après ça. Pour lui, ce n’était pas du tout quelque chose de grave, comme s’il ignorait les dommages causés par les agressions sexuelles, leur caractère grave et inacceptable.

Ce qui me met en colère, c’est de devoir témoigner en 2017 parce que les mentalités ont encore besoin de changer. Commencer par sensibiliser les professionnels serait peut-être déjà une bonne piste.

L’étude Virage publiée en 2016 par l’Institut national d’études démographiques (Ined) a montré qu’au cours de sa vie, au moins une Française sur 26 est violée, et qu’une sur sept est agressée sexuellement. Sur les 12 mois précédant l’enquête, plus d’un demi-million de femmes (553 000) ont ainsi été victimes d’agressions sexuelles autres que le viol : l’immense majorité de ces agressions, 95 % d’entre elles, étaient des attouchements des seins/fesses ou baisers imposés par la force.

En plus des numéros d’urgence nationaux (comme le 17 pour la police et la gendarmerie), des numéros nationaux d’écoute, d’information et d’orientation sont disponibles gratuitement et anonymement : les femmes victimes d’agressions sexuelles et de viol, leur entourage et les professionnels concernés peuvent appeler le 0 800 05 95 95 "SOS Viols Femmes Informations" du lundi au vendredi de 10 heures à 19 heures.

Le numéro propose notamment une aide pour faire valoir les droits des victimes en justice et une orientation adaptée vers les dispositifs locaux d’accompagnement. Les femmes victimes de violences, leur entourage et les professionnels concernés peuvent également appeler gratuitement et anonymement le numéro d’écoute national Violences Femmes Info au 39 19.

Le ministère de la Justice met par ailleurs à disposition un annuaire des associations d’aide aux victimes et un autre recensant les permanences juridiques pour que chacun·e puisse trouver celles qui sont les plus proches de son domicile.

Propos recueillis par Mélissa Perraudeau.

Par Konbini, publié le 31/10/2017

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