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Témoignage : "Hier, j’ai vécu un moment assez désagréable dans le métro"

Publié le

par Konbini Staff

Dans un post publié il y a deux jours sur la Toile, la blogueuse Jack Parker raconte une agression sexuelle qu'elle a subie dans les transports en communs. À cela s'ajoute une flopée de commentaires honteux qui s'entassent en-dessous de son témoignage.

Il y a parfois des témoignages qui font froid dans le dos. Ils résultent d'une experience personnelle, individuelle, dans un contexte bien précis, à une heure donnée de la journée mais illustrent un problème plus large, collectif et de vivre ensemble.

C'est le cas d'une note de blog écrite par la blogueuse Jack Parker, victime d'une agression sexuelle dans le métro.

Publiée il y a deux jours sur son blog, voilà ce qu'on peut y lire :

Je venais d’entrer dans la rame, j’étais encore debout dans l’attente de trouver une place assise et je tentais de reprendre mon souffle en m’accrochant tant bien que mal à la barre pour ne pas défaillir (mes poumons ayant la taille d’une demi-cacahuète fourrée à la nicotine, il m’en faut peu). Je n’ai donc pas fait attention au quadra lambda qui se tenait juste derrière moi - d’habitude, quand c’est bondé, je fais gaffe, rapport au nombre de chacals qui se frottent à mon cul sous prétexte qu’on est trop serrés et que “oops, le métro a pilé, lol” - mais là, il y avait suffisamment d’espace pour que j’éteigne mon radar et que je me concentre sur ma respiration.

Du coup, lorsqu’il a fait mine de se baisser pour ramasser un truc par terre, j’ai pas réagi. Et c’est ainsi que j’ai senti ses doigts se faufiler sous ma jupe et s’enfoncer dans mon entrejambe, à travers mes collants.

Comme à ma triste habitude, j’ai réagi au quart de tour, je me suis retournée et je l’ai attrapé par les cheveux avant de lui matraquer la gueule à coups de petits poings osseux. Les autres passagers ont eu un moment de flottement, n’ayant pas assisté à la scène précédente, et se demandaient ce qui avait bien pu me passer par la tête pour que je me déchaîne violemment sur ce pauvre homme qui n’avait, semblait-il, rien demandé.

Je me suis donc époumonée pour expliquer rapidement la situation, l’homme a tenté de placer quelques coups, en vain, et je l’ai recadré une dernière fois, juste avant que les portes ne s’ouvrent sur le quai et que deux gentilles paires de bras m’aident à le balancer hors de la rame, où il a dû passer quelques minutes à chercher ses dents avant de ramper jusqu’à son trou pour ne plus jamais en sortir (du moins, c’est tout ce que j’espère) [...].

Les phrases sont dures, les mots bruts et la situation, malheureusement et comme le souligne Jack Parker dans la suite, n'a "rien d'extraordinaire" : "Ça fait partie des galères du quotidien, et c’est bien ce qui me rend malade".

Un commentaire : "Elle était en jupe et elle vient pleurnicher"

Mais l'horreur ne s'arrête pas à cette agression sexuelle. Elle se poursuit dans les commentaires que l'on peut survoler juste en-dessous du témoignage, partagé en masse sur les réseaux sociaux.

Il y a par exemple Jean Boustiflor qui affirme :

Elle a de la chance d'être tombé sur un faible, moi elle me touche je la défigure. En plus elle était en jupe et elle vient pleurnicher... D'ailleurs en jupe on pouvait sûrement voir sa culotte, et après elle vient se plaindre du mec exhibitionniste, contradiction non ?

(Capture d'écran du site de Jack Parker)

Il y a aussi un certain "paul ragots" qui avance :

Vu la gueule de tox que t'as tu devrais te compter chanceuse d'avoir des types comme ça qui enflient leurs mains dans ta chatte. Qu'est-ce que tu viens chialer sur Tumblr ? Va porter plainte ou va voir un psy. Connasse.

(Capture d'écran du site de Jack Parker)

La note de blog de Jack Parker se termine par une question qui reste en suspens :

Et ça fait pas avancer le bordel de râler, mais putain, à ce stade, on fait quoi ? Je vais pas m’amuser à tabasser tous les connards qui se permettent de me toucher, j’ai quand même autre chose à foutre de mes journées [...].

Ça me gonfle, ça me gonfle, ça me gonfle, et je sais pas quoi faire, et je peux rien y faire, et ça m’énerve, et j’en ai marre, et ça me gonfle, et putain, sortez-moi de là.

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