Et si les tampons étaient gratuits ? Réponses sexistes des internautes

Dans une tribune publiée lundi dans le Guardian, une journaliste a posé une question intéressante : Et si les tampons étaient gratuits ? Sur Twitter, les internautes ont réagi et certaines de leurs réponses sont vraiment inquiétantes, pour ne pas dire choquantes.

Il arrive que des journalistes demandent des informations ou des conseils sur les réseaux sociaux pour écrire un article. Mais Jessica Valenti, chroniqueuse au Guardian et fondatrice du site Feminising, était certainement loin d'imaginer la multitude de commentaires odieux qu'elle allait recevoir en postant le tweet suivant :

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Amis de Twitter : quelqu'un connaît un pays où les tampons sont gratuits ou d'une certaine manière subventionnés ?

Les réponses sexistes de certains internautes

Alors que certaines personnes lui ont répondu gentillement en lui donnant quelques informations à ce sujet, d'autres n'ont pas hésité à la traiter de "cunt", soit "conne" ou "salope" en anglais – c'est gratuit – ou à tenir des propos très misogynes.

La journaliste a donc décidé de réunir sur Storify toutes ses petites "perles" de la blogosphère, dans un article intitulé : "Que se passe-t-il quand une femme journaliste pose une question sur Twitter au sujet de la santé des femmes ?". La réponse est très simple : un lot de débiles arriérés, bien calés derrière leur ordi, publiant des tweets assez choquants.

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Et bizarrement, la plupart ont été écrits pas des énergumènes masculins... Voici une petite sélection des plus, comment dire, grossiers, déplacés, scandaleux, dégradants, méprisables et voire ridicules d'entre eux.

Si la disponibilité des tampons vous inquiète tant, vous avez peut être besoin de mettre quelques doigts dans votre vous-savez-quoi pour stopper l'hémorragie.

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 Je pense qu'elle voulait demander où on vend des tampons surdimensionnés pour son gros vagin béant.

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Tu es attardée.

Vous savez ce que sont les chiffons, comme ma grand-mère avait l'habitude d'utiliser. Ils sont lavables et ont une empreinte carbone beaucoup plus faible.

Voici une idée : marie-toi. Comme ça ton mari pourra te les payer. Tant que tu passes à la casserole/tu couches...

Oui, en Corée du Nord. Tu devrais déménager là-bas.

C'est tout simplement ridicule. Si vous subventionez les tampons, vous pourriez aussi le faire pour les produits de toilette et le dentifrice.

Le plaidoyer pour des tampons gratuits

Lundi 11 août, soit trois jours après avoir posté sa question sur Twitter, Jessica Valenti publie quand même dans le Guardian un article intitulé "The case for free tampons", où elle rappelle le fait que pendant environ 30 ans de sa vie, une femme a ses règles pendant plusieurs jours chaque mois, ce qui revient à une belle somme dans la vie d'une femme.

Le journaliste rapporte également que dans de nombreux pays, le coût des produits hygiéniques est réellement problématique et engendre des disparités entre les personnes. À titre d'exemple, elle explique que selon l'Unicef, 10% des jeunes filles africaines ne vont pas à l'école pendant leurs menstruations et qu'au Bangladesh, 73% des femmes qui travaillent dans les usines ratent en moyenne six jours de travail chaque mois pour les mêmes raisons.

Elle propose ainsi que les produits d'hygiène indispensables à la période de menstruation des femmes soient considérés comme "des soins à part entière et donc remboursés par l'État". Avant de conclure en reprenant une idée qu'écrivait la journaliste et féministe Gloria Steinem en 1986 : "Si les hommes avaient leurs règles, les produits d'hygiènes seraient gratuits et financés par le gouvernement".

C'est donc un thème qui fait débat, et ce depuis quelques années, car il questionne une fois de plus l'égalité homme-femme. Il semble donc important d'aborder le sujet. Par ailleurs, certains contre-arguments peuvent tenir la route, comme ceux qui disent que dans ce cas-là, d'autres produits que l'on pourrait considérer comme indispensables (exemple, brosses à dents ou préservatifs), devraient devenir gratuits eux aussi.

Quelle que soit son opinion à ce sujet, la chose inquiétante dans cette histoire ce sont quand même les réactions misogynes et sexistes des internautes, même si certains se sont ensuite excusés par la suite, sous couvert d'humour...

C'est vraiment incroyable la quantité d'idioties et de haine qu'une femme peut recevoir en posant une simple question sur un produit d'hygiène.

Par Anaïs Chatellier, publié le 13/08/2014

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