Et si la surface de Mars contenait suffisamment d’oxygène pour abriter la vie ?

Une nouvelle étude de l’eau salée présente sous la surface martienne suggère que celle-ci posséderait assez d’oxygène pour abriter certains organismes.

Il y a de l’oxygène sur Mars. Pas suffisamment pour constituer une atmosphère supportable, évidemment (on estime que l’oxygène est présent à 1,45 %), mais il y en a. Comment la sait-on ? Car c’est de là que vient sa couleur rouge, résultat de l’oxydation du fer contenu dans la poussière. De l’oxygène, donc, mais alors où, et en quelles quantités ?

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À en croire une étude menée par une équipe du Jet Propulsion Lab (JPL) de la Nasa et publiée le 22 octobre dans Nature Geoscience, cet oxygène discret se trouverait sous la surface de la planète rouge, dans l’eau liquide extrêmement salée – des saumures – suggérée en 2015 à la faveur de coulées repérées au fond de certains canyons.

Mieux : selon les modèles développés par l’équipe, l’eau contiendrait suffisamment d’oxygène pour favoriser l’apparition de la vie… du moins près des pôles, où la température ambiante permettrait une plus grande présence de la molécule (dans les saumures martiennes, la concentration en sel abaisserait hypothétiquement le point de congélation de l’eau). Théoriquement, résume New Scientist, l’eau salée martienne pourrait parfois contenir autant d’oxygène que les océans terrestres, soit largement assez pour héberger des microbes voire "des animaux simples, comme les éponges", précisent les chercheurs.

Pour le moment, ces résultats restent le fruit de simulations réalisées en laboratoire, et la responsable de l’étude Vlada Stamenković  insiste sur le fait que l’étude ne prouve absolument pas la présence de vie sur Mars, rappelle La Croix. D’autant que les fameuses saumures, repérées à la faveur d’images prises par le satellite Mars Reconnaissance Orbiter, n’ont toujours pas été confirmées par un rover au sol, et que leur existence fait encore débat au sein de la communauté scientifique. Tout ce que l’on sait grâce à Curiosity, se souvient Engadget, c’est que la planète a indubitablement connu une atmosphère riche en oxygène, avant de perdre son champ magnétique.

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Entre-temps, de nouvelles simulations, tout aussi théoriques, suggéraient il y a trois mois la présence d’un immense lac d’eau liquide, de 20 kilomètres de large, sous la calotte glaciaire. Une découverte tout aussi contestée que la présence de saumures, plusieurs voix s’élevant pour relativiser la notion de "lac". Au moins, on a désormais l’embarras du choix pour aller vérifier la présence de vie… tout en n’étant sûr de rien.

Par Thibault Prévost, publié le 23/10/2018

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