Sur Facebook, le coup de gueule d'Édouard Baer contre le gouvernement

Dans un post Facebook, Édouard Baer réagit au remaniement ministériel et en appelle à "l'espérance".

Édouard Baer semble avoir mis du sérieux dans son vin. Il y a deux semaines, le comédien, connu pour ses joutes verbales absurdes avec son complice de toujours Jean Rochefort, est sur le plateau du Grand Journal à l'occasion de la promotion du film Encore heureux. Soudainement, l'acteur en vient à critiquer un "enchaînement" entre un sujet humoristique et un sujet sur les migrants :

"C’est un enchaînement remarquable. Non mais vous vous rendez compte ?"

– C’est la vie, réplique alors l'animatrice Maïtena Biraben.

– Non, la vie, c’est une séparation des choses, corrige Édouard Baer. Tout n’est pas imbriqué dans la vie. On ne peut pas tout traiter de la même façon. Je suis un peu gêné, je vous le dis franchement. Je trouve par exemple qu’il faut aider l’époque. Je trouve que les hommes politiques doivent nous aider avec moins de communicants. Et de notre côté, je trouve qu’il ne faut pas recevoir les politiques avec autant de dérision."

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Ce jeudi 18 février, l'acteur est passé à une nouvelle étape. Via un post Facebook compsoé en sept paragraphes, il déglingue le gouvernement, affirmant être "trahi par des gens qui semblaient avoir compris que rien ne pouvait être comme avant".

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C'est emmerdant les acteurs qui s'expriment sur l'actualité ; les indignations , les colères , les coups de gueule : ça...

Posté par Edouard Baer sur mercredi 17 février 2016

Dans un premier temps, Édouard Baer revient sur les récentes et tragiques actualités :

"Depuis les massacres de Paris, la torpeur, la tristesse, l'aberration sont apparues et sont encore là. Si présentes, si vivaces. Bien sûr l'ignoble rumeur des dénonceurs de complots s'est déjà réveillée. Bien sûr, la sinistre armée des marchands de peur, de haine et de revanche s'est mise en marche...

Mais nous, parce que je crois encore qu'il y a un 'nous', attendions autre chose et nous avons cru le voir venir... Nous avons senti la dignité, la mesure et la force nécessaire dans les réactions d'un gouvernement et d'une classe politique qui semblait réagir comme 'nous', viscéralement, sans peur ni haine et surtout sans calcul..."

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Et de poursuivre :

"Et puis, tout à coup, entre mille soubresauts un peu décevants, entre mille petite échanges d'invectives pré-électorales et politiciennes auxquelles on est habitués, et c'est pas grave, c'est le jeu de la démocratie, tout à coup est arrivé ce presque rien : le remaniement du gouvernement.

Je ne sais pas pourquoi mais pour moi, ça, ce presque rien, ça a été ça le déclic. Oh, pas spécialement contre ce camp-là au profit de l'autre. Non pas 'Tous pourris ! Tous des nuls'. Juste l'impression d'être trahi par des gens qui semblaient avoir compris que rien ne pouvait être comme avant. C'est donc à ça qu''ils' pensent en ce moment ?

C'était si important de libérer Fabius pour qu'il prenne à temps la tête du Conseil constitutionnel ? Si nécessaire de récupérer quelques figures écolos pour affermir la majorité ? Si urgent de nommer l'éternel monsieur Baylet au gouvernement dans le même but ? Si malin de nommer une nouvelle ministre de la Culture pour exciter les médias et détourner leur attention ? Mais on n'en peut plus des coups 'malins'. Ce n'est pas ça dont on rêve. Parce que oui, on rêve. Envers et contre tout on rêve . Et c'est pas fini."

Le comédien conclut alors :

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"Oui, nous attendons, nous méritons autre chose que ce mépris, ces calculs politiciens d'un autre âge. Nous avons besoin d'autre chose. D'absence de calcul. De courage. De vie. De spontanéité. Nous ne sommes pas des clients. Nous n'attendons pas qu'on nous vende ou même qu'on nous donne mais qu'on nous aide à partager cet espoir. Ou même un mot plus beau parce qu'il dure plus longtemps : l'Espérance."

Par Louis Lepron, publié le 19/02/2016

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