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En Suède, la police cache des agressions sexuelles lors d'un festival

Publié le

par Thibault Prévost

La police suédoise a avoué avoir couvert une série d'affaires d'agressions sexuelles impliquant 200 personnes en août, lors du festival We Are Sthlm.

En 2013, We Are Sthlm avait rassemblé un demi-million de spectateurs.

Après l'affaire sordide des agressions sexuelles de la nuit du réveillon à Cologne, les répercussions se font sentir jusqu'en Suède. Le 11 janvier, la police suédoise a reconnu avoir passé sous silence des faits d'agressions sexuelles s'étant déroulés en août 2015, dans le cadre du festival We Are Sthlm, un festival de musique organisé dans le centre-ville de la capitale suédoise. En tout, environ une vingtaine d'agressions avaient fait l'objet de plaintes, et environ 100 personnes avaient été exclues du festival, selon un responsable gouvernemental de l'événement, Roger Ticoalu, cité par Associated Press. Pourtant, rien n'a filtré dans les médias jusqu'à aujourd'hui.

"Nous aurions dû révéler cette information, ça ne fait pas de doute", a indiqué à l'AFP le porte-parole de la police Varg Gyllander. "Pourquoi ça ne s'est pas fait, nous ne le savons pas. Nous savons que près de cent hommes ont à l'époque été placés en garde à vue pour avoir agressé une quinzaine de jeunes filles." Pourtant, après le festival, la police avait déclaré qu'il y avait eu "relativement peu de délits et de personne interpellées", comparé au nombre de participants. En 2013, We Are Sthlm rassemblait un demi-million de personnes.

La rétention d'informations, "un problème de démocratie" pour le pays

Dans la seule nuit du 15 août 2015, raconte le journal suédois Nyheter Idag (en anglais), les agents de sécurité seraient ainsi intervenus plus de 90 fois dans le public. Le 17 août, un témoin de la scène en aurait informé Dagens Nyheter, le plus grand journal du pays, qui aurait écouté l'histoire avec attention avant de laisser tomber. La raison ? Le témoin lui aurait décrit la majorité des assaillants comme provenant de minorités ethniques, ce qu'aurait également confirmé un officier de police, présent sur les lieux, contacté par la journaliste du Dagens Nyheter. Selon Roger Ticoalu, cité par Nyheter Idag,  une "grande partie"  des personnes interpellées était composée de ressortissants afghans, mineurs, possédant des titres de séjour temporaires.

Depuis la révélation de ces événements, le journal Dagens Nyheter a fait volte-face et a publié, dimanche, un rapport interne de la police révélant l'affaire. Et affirme, sources policières à l'appui, que les forces de l'ordre ont délibérément caché ces agressions pour ne pas faire le jeu du parti d'extrême droite des Démocrates de Suède (SD). Néanmoins, à la faveur des événements de Cologne, l'information a resurgi ces derniers jours dans les médias alternatifs suédois avant d'éclater au grand jour. Selon le Premier ministre Stefan Löfven, la dissimulation d'informations par la police pose "un problème de démocratie" pour le pays.

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