En Suède, l'Église décide que Dieu sera désormais du genre neutre

L’Église suédoise, dont l’archevêque est une femme, va encourager prêtres et fidèles à ne plus user de termes genrés pour désigner Dieu.

© Samantha Sophia via Pixabay/Unsplash

Dieu pourrait être un homme ou une femme. Certes, chez les catholiques, on parle du "Père" mais nul ne sait s’il est véritablement humain, ou s’il est un concept qui nous permet d’aborder l’infiniment grand.

Trêve de philosophie. L’Église de Suède, évangélique luthérienne, a décidé d’utiliser des mots de genre neutre pour désigner Dieu, afin de se montrer plus inclusive quant à l’image que l’on se fait de la divinité.

L’Église suédoise, dont les quartiers généraux sont à Uppsala, a indiqué qu’elle allait encourager les prêtres, les clercs ainsi que le personnel des églises à éviter d’employer des termes comme "Le Seigneur", ou "Il" pour leur préférer le mot "Dieu" (neutre en suédois), moins spécifique.

Cette mesure, signale Courrier international, s’inscrit dans une liste de décisions prises par l’Église suédoise, dans le cadre de la mise à jour du manuel des offices, qui coordonne le langage, la musique et la liturgie, et n’avait pas été révisé depuis trente et un ans.

"Dieu est au-delà de nos déterminations de genre, car Dieu n’est pas humain"

Une commission constituée de 250 personnes a confirmé ces changements dans le corpus de l’église au terme de huit jours de délibération. Dans ce pays d’à peu près 10 millions d’habitants, l’Église compte environ 6,1 millions de fidèles baptisés.

L’Archevêque Antje Jackelén, qui fut la troisième femme à devenir évêque de l’Église de Suède et la première à être nommée archevêque, affirme qu’une telle mesure avait déjà été discutée auparavant, lors d’une conférence en 1986. Comme elle l’a expliqué à TT News :

"Théologiquement, par exemple, nous savons que Dieu est au-delà de nos déterminations de genre, car Dieu n’est pas humain."

Mais cette décision n’a pas manqué de susciter de controverse :

Christer Pahlmblad, professeur associé en théologie, a estimé auprès du journal danois Kristeligt Dagblad que cette mesure "sapait la doctrine de La Trinité et de la communauté avec les autres églises chrétiennes". "Ce n’est pas très habile si l’on en vient à connaître l’Église de Suède comme une Église qui ne respecte pas le patrimoine théologique commun", a-t-il conclu.

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Par Matthew Kirby, publié le 27/11/2017