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En Suède, des clubs bannissent l'alcool de leurs soirées

Publié le

par Konbini

À Stockholm en Suède, les boîtes de nuit sans alcool semblent s'inscrire dans une nouvelle tendance. 

Sur le dance floor du Sober.

"Sans alcool la fête est plus folle !", paraît-il. Certains clubbers de Stockholm semblent appliquer à la lettre ce dicton. En effet, depuis quelques temps, certains clubs de la capitale suédoise appliquent une politique stricte où l'alcool est prohibé. Sober, qui porte bien son nom, est un des lieux du genre les plus prisés.

En regardant les images, on se croirait dans une boîte comme les autres. La seule différence, c'est qu'aucun serveur ne propose de boissons alcoolisés (et qu'aucun cadavre ne gît dans un coin ou ne lutte pour rester accoudé au comptoir).

À la place toute sorte de mocktails – cocktails sans alcool – sont proposés, de subtils mélanges de citron vert, menthe fraîche et gingembre. Seul le prix est légèrement excessif, car malgré les économies faites sur l'alcool, un mocktail coûte quand même 13 dollars, soit environ 9 euros.

Et pour être sûr qu'aucun intrus déjà alcoolisé ne vienne perturber l'ambiance sobre du lieu, le club a carrément mis en place des alcooltests à l'entrée. Donc si vous êtes au-dessus de 0% d'alcool, on vous priera gentiment de vous diriger vers un autre lieu de débauche. Une mesure qui paraît drastique mais qui assure apparemment le bon déroulement de la soirée.

Un homme sobre s'avise de danser

Comme le remarque Slate, malgré la bonne volonté du lieu, il y a quelque chose qui à première vue paraît contradictoire. Car les Suédois sont aussi connus pour être des buveurs notoires malgré les normes suédoises assez strictes en la matière.

Dans les années 1990, la chanson intitulée "Je ne danse jamais sobre" du chanteur suédois Magnus Uggla se moquait d'ailleurs de la dépendance à l'alcool des Suédois. Son titre paraphrasait l'adage du philosophe Cicéron "Nemo enim fere saltat sobrius , nisi forte insanit", qui signifie : "Un homme sobre ne s'avise guère de danser, à moins d'avoir perdu la raison. Il ne le fait, ni quand il est seul, ni dans un repas honnête et frugal".

(Crédit Image : Sober)

Mais pour le fondateur de Sober, Mårten Andersson,  il est tout à fait possible de draguer, de danser et ce même sans une seule goûte d'alcool dans le sang. D'ailleurs, une de ses plus grandes inspirations a été le "straight edge", une sous-culture des années 80 de punk hardcore, dans lequel les participants s'abstenaient de consommer alcool, tabac, drogue et dans certains cas même le sexe, histoire de goûter aux plaisir de "l'euphorie naturelle" pour se divertir.

À 40 ans, le gérant du club, ancien comédien et animateur, n'a pas décidé d'ouvrir une boîte de nuit sans alcool juste pour dissuader les gens de boire, mais plutôt pour créer une option alternative, un peu comme les bières sans alcool disponibles dans les supermarchés.

Une pratique qui devient une mode

Il semblerait que les soirées sans alcool gagnent en popularité dans le pays scandinave. Avec le soutien de l'Association de Modération Suédoise, Sober est le deuxième lieu du genre à se créer en Suède au cours des dernières années.

Le très populaire Lunch Beat, propose quant à lui une "rave de bureau" dans l'après-midi, décrite comme une réunion informelle entre une poignée de collègues qui se convertit en un mouvement global de déjeuner-disco. Sans alcool, sans drogue, le lieu a carrément obtenu des subventions d'un organisme gouvernemental chargé de la promotion de la culture suédoise.

Si la période n'est pas vraiment propice à ce genre de nouveauté, peut être que l'idée traversera les frontières et évitera ce genre de photos inopportunes :

Article rédigé par Matthew Kirby, traduit de l'anglais par Anaïs Chatellier.

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