Streaming : qui sont les mauvais payeurs du marché musical ?

Les labels indépendants ont souvent accusé et boudé les plateformes de streaming pour leurs conditions de rémunération faiblardes. On sait désormais qui sont les mauvais payeurs.

De coups d'éclat en coups d'éclat, les sites de streaming ont défrayé la chronique ces derniers mois. Entre la fermeture de Grooveshark, qui n'a pas tardé à réapparaître sur la toile, le conflit entre Spotify et ses artistes frondeurs et l'apparition soudaine de Tidal, ils ont occupé l'espace et le marché. 

Régulièrement mises sur le banc des accusés, les plateformes de streaming ne seraient pas qu'une révolution dans la consommation musicale. Leurs relations financières avec les labels sont parfois conflictuelles. Digital News Music compare et met à jour les paiements par écoute des grands du streaming.

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Paiement par écoute des plateformes de streaming en mars 2015 selon Digital News Media

Paiement par écoute des plateformes de streaming en mars 2015 selon Digital News Media

Des disparités frappantes

Il semblerait que leurs politiques en matière de gratification des labels soient radicalement différentes. Quand certains font figure de bons élèves en payant grassement ceux qui alimentent le marché, d'autres flirtent avec l'indécence en ne proposant que d'infimes rémunérations aux labels.

C'est ce que révèle l'étude de Paul Resnikoff parue le 6 mai sur Digital Music News. Étudiant au cas par cas la relation financière entre plateformes de streaming et labels indépendants, ce dernier met à jour des écarts spectaculaires de gratifications entre ceux qui se partagent l'offre de streaming.

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Quand le géant YouTube rémunère le label indépendant 0,037$ par écoute (soit environ 0,032€), Deezer et Spotify ne lui attribuent que 0,005$ par écoute (aux alentours de 0,004€). Une différence de taille quand le nombre d'écoutes se compte en milliers voire en millions. La plateforme russe Yandex va même jusqu'à pousser le vice jusqu'au 0,001$ symbolique reversé aux labels.

Les disparités sont clivantes et n'ont pas manqué d'attirer l'attention des artistes et des labels qui n'ont parfois pas hésité à annoncer leur rupture avec l'une des plateformes. La très populaire chanteuse Taylor Swift avait d'ailleurs retiré en 2014 l'intégralité de ses titres de Spotify, prétextant que le streaming ne rétribuait pas les artistes à leur juste valeur. La plateforme n'en était cependant pas à son premier scandale puisque dès 2011, elle perdait déjà 200 labels indépendants pour des raisons similaires.

Un marché florissant en pleine structuration

Dans le même temps, YouTube continuait sa politique de fidélisation en s'accordant avec ses quelques 20 000 labels musicaux avant de se lancer dans l'aventure du streaming payant, à l'image de ses concurrents.

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La guerre fait rage entre les plateformes de streaming. Et pour cause, le marché n'a de cesse de croître face à ses concurrents. Quand les ventes de disques s'écroulent et que les téléchargements payants peinent à se maintenir, l'écoute en ligne semble avoir la part belle.

Les revenus du streaming sont en constante hausse, qu'ils soient générés par les formules d'abonnement ou par la publicité. Cette nouvelle configuration du marché musical change la donne dans les habitudes des consommateurs qui se tournent de plus en plus vers ce nouveau modèle d'écoute.

Ainsi, chaque stratégie prouvera ou non son efficacité par le temps dans ce marché encore très jeune. En attendant, Tidal et ses bonnes résolutions semblent essuyer un cuisant échec alors que le controversé Spotify n'a de cesse de s'implanter dans le quotidien des internautes.

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Par Aline Cantos, publié le 07/05/2015

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