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Star Wars VII : dans une galaxie lointaine... et sans femmes

Publié le

par Constance Bloch

L'annonce du casting du nouveau volet de Star Wars a déclenché une polémique. La raison ? Trop peu de femmes au casting.

Il y a quelques jours, après des mois de rumeurs et de spéculations, le casting intégral de l’épisode VII de la saga Star Wars a finalement été dévoilé. Et passées les premières heures d'euphorie, force est de constater que parmi les noms annoncés, seules deux femmes sont à l'affiche.

Si on retrouvera bien Carrie Fisher sous les traits de la princesse Leia, une seule nouvelle femme complète le casting. Il s'agit de Daisy Ridley, une jeune actrice de 20 ans qui n'a jamais fait de cinéma auparavant, et dont Buzzfeed a dressé le portrait dans la foulée. Autrement, le reste du casting est 100% masculin, avec onze hommes, dont les vétérans Harrison Ford et Anthony Daniels.

Les femmes montent au créneau

À peine quelques heures après l'annonce, la journaliste américaine Annalee Newitz, spécialisée en technologie et culture geek, s'est fendue d'une tribune sur le site io9.com intitulée "Hey Star Wars, où diable sont passées les femmes ?". En interpellant directement les studios, la journaliste écrit :

Est-on vraiment encore en train de prétendre que l'univers est composé presque uniquement d'hommes (et la plupart blancs de surcroit) ? Les contes mythiques sont supposés ouvrir les possibilités, pas les fermer.

© Lucasfilm

Elle raconte également avoir immédiatement pensé à sa nièce de 7 ans, une petite fille dont les modèles ne sont désormais plus cantonnés à être des "princesses que l'on sauve" mais des "princesses combattantes" :

Hannah fait partie d'une génération d'enfants qui grandit dans l'univers Star Wars/Disney, et la partie Star Wars a changé sa façon de jouer à la princesse, et sa vision d'elle-même en super-héroïne. Leia lui donne des options qu'Ariel [La petite sirène ndlr] n'offre pas.

De son côté, dans un article pour Cosmopolitan, la journaliste Eliza Thompson exprime également son (vif) mécontentement :

Mais que se passe-t-il dans la tête des gens qui dirigent Hollywood ? Personne ne réalise que les femmes aiment également la science-fiction et le fantastique, et aimeraient vraiment beaucoup voir des femmes faire autre chose que se contenter d'être jolies pendant que les hommes se battent ?

Le principe de la Schtroumpfette

En écartant une nouvelle fois les personnages féminins des rôles-titres, la franchise perpétue une tradition bien ancrée dans le cinéma : "le principe de la Schtroumpfette". Comme le rappelle Slate, cela fait plus de vingt ans que la féministe et critique américaine Katha Pollitt a établi ce principe selon lequel "les hommes définissent le groupe, son histoire, son système de valeurs" et donc "les femmes n'existent qu'en relation aux hommes". Un schéma que l'on retrouve dans les deux premières trilogies de la saga et que l'on espérait bien voir changer avec J.J Abrams.

Luke, Leia et Han Solo © Lucasfilm

Toute cette affaire n'est pas sans faire écho à l'infographie édifiante établie il y a quelques mois par la New York Film Academy, qui faisait état des inégalités hommes-femmes dans l'industrie du cinéma. Parmi une multitude de disparités, elle constatait que dans les films, seuls 30% des personnages avec des dialogues sont féminins.

Une troisième femme au casting ?

Dès les premiers ronronnements de la polémique, J. J. Abrams s'est empressé d'annoncer que le casting du long métrage n'était en fait pas fini, et qu'il lui manquait notamment un personnage féminin pour endosser un rôle-titre.

De deux femmes, on passera donc à trois. C'est déjà mieux que dans les trilogies précédentes, où l'on retrouvait seulement Leia et Amidala, deux princesses en détresse sauvées par les hommes, qui savaient tout de même se battre un peu de temps à autre. Espérons que les princesses version 2014 auront plus de mordant. Et que l'Ordre des Jedis s'ouvrira enfin aux femmes.

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