Stalingrad Lovers, un film sur les usagers de crack raconté par sa réalisatrice

Fleur Albert a vu la toxicomanie au plus près des années durant. De rencontres en rencontres, d'histoires en histoires, elle a décidé de montrer cette addiction au grand jour à travers l'objectif de sa caméra. Stalingrad Lovers nait en 2012 et raconte le quotidien de ceux qui ont tout perdu dans leur quête du plaisir.

Mehdi Kadri, dans le rôle de Jackson

Mehdi Kadri, dans le rôle de Jackson

Loin du spectaculaire Requiem for a Dream d'Aronofsky, plus réaliste qu'un Trainspotting, Stalingrad Lovers raconte la drogue de la rue, les fixes de la misère. Le film a beau être une fiction, il flirte régulièrement avec le documentaire et livre au spectateur une partie de l'histoire des visages et âmes abîmés de ses protagonistes, dont les principaux ont vécu l'addiction.

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Bien sûr, les personnages ne se confondent pas avec ceux qui leur prêtent leur apparence, pourtant dialogues et attitudes sont parfois troublants de sincérité. Sorti en 2012, le film a d'ailleurs été présenté dans la sélection de l'Acid, Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion, lors du Festival de Cannes avant de parcourir les festivals du monde entier.

Si le premier long métrage de fiction de Fleur Albert n'a pas la prétention d'être parfait ou de refléter toute la réalité, les sept années que la réalisatrice a passé aux côtés de la communauté marginale du quartier parisien de Stalingrad ont permis d'instaurer un rapport de confiance qui se lit dans le jeu des acteurs et met à jour toute l'humanité de ces personnes, souvent invisibles aux yeux de la société.

Fleur Albert, réalisatrice du film, a accepté de se livrer lors d'un entretien, addiction en filigrane, et de revenir sur son expérience, ses motivations, ses travaux et son point de vue sur les débats d'aujourd'hui. Une vision de l'intérieur d'un monde qui a largement suscité la controverse lors du débat sur l'expérimentation des salles de shoot, que l'Assemblée Nationale a finalement adoptée le 7 avril dernier.

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Fleur Albert, Réalisatrice de Stalingrad Lovers © Anaïs Chatellier

Fleur Albert, réalisatrice de Stalingrad Lovers © Anaïs Chatellier

K | Pourquoi avez-vous choisi de traiter la thématique de l'addiction à la drogue dans votre film, Stalingrad Lovers ?

Fleur Albert | Ça fait un certain nombre d’années que je voulais faire un film sur la question de l’addiction. En terme de fiction, je ne trouvais pas de forme satisfaisante à part quelques exceptions comme L’Homme aux Bras d’Or, le film de Shirley Clarke, The Connection, ou plus récemment Dans la chambre de Wanda.

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En 2008, j’ai travaillé avec le cinéaste Jean-Michel Carré dont les sujets de prédilection étaient les marginaux, les femmes et la prostitution. Le monde de la rue m’était donc familier. D’une façon plus personnelle, j’ai souvent eu affaire à la dope et à des gens qui sont partis à cause de ça. Je voulais essayer de trouver une forme juste pour en parler.

K | Pourquoi avez-vous exclu le format documentaire ?

Parce que les gens dont je parle sont hors-la-loi. C'était une question de protection, je ne voulais pas montrer des êtres sans visage. Dans les documentaires, on tombe régulièrement dans le schéma de personnes qui doivent s’en sortir. Or la question, c’est de savoir comment vivre malgré tout avec cette dépendance, sachant qu’elle est en plus illégale.

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K | Dans quelles circonstances avez-vous lancé ce projet et rencontré ceux qui sont devenus les protagonistes de votre film ?

Un fait divers a été à l’origine du film. En 2001, un jeune garçon est mort à Gare de Lyon. Il venait d’un grand squat de Saint-Denis dont j’avais entendu parler. Deux ou trois mois plus tard, ce squat a été évacué de façon assez spectaculaire.

C’était une zone de non-droit, une crackhouse dans laquelle tournaient 300 à 400 personnes nuit et jour. Ils ont accepté de parler au grand jour aux journalistes en revendiquant une communauté d’usage, en disant "on veut pouvoir vivre, pas comme des chiens, et on ne demande pas à la société d’assumer notre consommation, mais juste de ne pas être stigmatisés comme ça". Ils avaient un discours politique assez intéressant et j’ai essayé de retrouver le garçon qui avait pris la parole.

C’est comme ça que je suis allée dans une association de prévention des risques du 18e et que j’ai rencontré Jean-Patrick Koné qui est devenu mon personnage principal, Isaïe. Une amitié s'est créée entre nous, il m’a initiée à son monde et j’ai rencontré énormément de gens qui étaient des usagers de crack qui m’ont ouvert leur destin, leurs préoccupations.

On parlait frontière, loi, amour et pas tout le temps de la drogue. À partir de là, j’ai commencé à recueillir des récits et a leur expliquer ce que j'avais envie de faire. On a commencé à écrire des histoires puis les personnages ont émergé. Ils sont composés à la fois de choses très réelles, qui appartiennent à l’histoire de chacun, et d’autres qui sont des histoires que j’ai entendues ailleurs.

Puis quand j’ai eu une résidence au 104, quinze personnes venaient parfois frapper à la porte. J'ai rencontré Mélissa à ce moment, qui était la compagne de Patrick à l'époque, puis Mehdi qui était plus jeune et celui qui fait Octave, Jean-Paul, qui était le plus âgé. Ils se connaissaient tous, ils circulaient dans le quartier depuis des années.

Jean-Patrick Koné, dans le rôle d'Isaïe

Jean-Patrick Koné, dans le rôle d'Isaïe

K | Pourquoi avez-vous fait le choix de confier les rôles principaux à des marginaux et non à des acteurs professionnels ?

Pour moi, les quatre principaux personnages devaient être interprétés par eux. Ils portaient une expérience dans leur corps et leur mental que eux seuls pouvaient exprimer par le filtre de la fiction. On a tourné dans l'ordre chronologique parce que justement ce n'étaient pas des pros, au début du film on voit d'ailleurs qu'ils sont moins à l'aise, ils se déploient petit à petit.

Mais les autres sont des comédiens professionnels et ceux qui ont accepté de mener cette expérience n'étaient pas nombreux.

K | Avez-vous eu des appréhensions avant le tournage de ce film ? 

Bien sûr, j'avais toujours peur que l'un d'entre eux parte. On avait des relations intimes et tout d'un coup, il y avait une quinzaine de personnes en plus, c'était un peu la course à celui qui sera le préféré ! L'équilibre s'est fait, j'ai choisi des gens dans mon équipe qui n'allaient pas être impressionnés par ce milieu-là  et qui pouvait s'adapter. Je voulais qu'il y ait une esthétique très forte dans ce film. Ce n'est pas parce qu'on fait un film social avec une thématique sociale qu'on doit le faire avec une caméra tremblante et pourrie !

K | N'avez-vous jamais eu peur ou été impressionnée par cette communauté ?

Non, sinon je n'aurais pas fait le film ! Si j'ai passé beaucoup de temps avec eux, ce n'est pas pour me donner des frissons, c'était un monde qui ne m'était pas étranger. L'idée de perte d'intimité m'a vraiment touchée. Pour eux, il y a la perte de repère, ils deviennent un corps public et donc des personnes invisibles, n’ont plus d'intimité, tu vas aussi baiser dans la rue pour avoir de l'argent. Il y a eu des moments où je n'étais pas forcément à l'aise.

K | Comment avez-vous géré la consommation de drogue pendant la période de tournage ?

Ce sont eux qui sont restés parce qu'ils étaient dans une certaine maîtrise de leur consommation ce qui permettait un vrai travail, avec un contrat. Sur le plateau, ce n'était pas possible de consommer.

Si l'un flanchait, il faisait plonger tous les autres et mettait toute l'équipe en péril alors que l'on avait des obligations. Ils étaient libres une fois la journée finie mais s'ils allaient acheter, ils risquaient de se faire arrêter et de ne pas revenir au tournage le lendemain. Il fallait qu'ils se débrouillent et qu'ils prennent leurs responsabilités. C'était un pari un peu fou mais il a été tenu, ils ont baissé leur consommation au moins pendant cette période.

Eriq Ebouaney et Jean-Patrick Koné, dans les rôles de Jupiter et Isaïe

Eriq Ebouaney et Jean-Patrick Koné, dans les rôles de Jupiter et Isaïe

K | À voir l'histoire des personnages de Stalingrad Lovers, on pourrait penser que la drogue arrive souvent lors des phases de rupture, à cause d'un facteur déclencheur...

Il y a un manque originel dont les chemins peuvent prendre l'élan vers la drogue. Mais on est tous addict à quelque chose.

La drogue détache de toutes les contingences, ça prend la place de tout, des enfants, des parents, c'est dévastateur. Il n'y a pas d'explications, c'est trop intime pour chacun. Des gens sont plus vulnérables à chaque addiction, il peut y avoir une carence affective, la drogue peut venir pallier quelque chose, c'est pour mieux être, ou par peur d'être. C'est assez paradoxal.

K | Vos personnages ont tous, ou quasiment tous, eu une famille puis essayent d'en reconstituer une dans la crackhouse. Quel rapport entretiennent toxicomanie et vie de famille ?

Dans la communauté, ils tentent de réconcilier une famille impossible. Ce qui les réunit c'est le produit, tout le reste a été abandonné. Chacun a eu des histoires d'amour ou des enfants.

Mélissa par exemple qui a vraiment confié ses enfants à la DDASS. On ne peut pas juger ça, je pense qu’elle a eu la force de le faire, contrairement à d'autres qui vont jusqu'à l'arrachement, le manque de dignité. Alors, ils forment des couples avec d'autres personnes usagers et c'est souvent la sphère impossible.

Ils ont tous été en rupture familiale. Lorsque nous avons montré le film à Cannes, Jean-Paul a dit que la chose exceptionnelle dans le fait d'avoir fait ce film, c’est de pouvoir parler désormais de leur vie à leur famille. Même si c'est un récit fictionnel.

Carole Eugénie, dite Mélissa, et Eriq Ebouaney dans les rôles de Mona et Jupiter

Carole Eugénie, dite Mélissa, et Eriq Ebouaney dans les rôles de Mona et Jupiter

K | Quand vous l’avez présenté à Cannes, on vous a justement reproché d’avoir embelli le monde de la drogue…

Non, ce sont eux qui ne le connaissent pas ! J'ai vu des commentaires genre "un truc de bobo" etc. Mais va passer 7 ans là-bas et on en reparle ! Je n'ai aucun problème avec ça. Je joue avec les codes, passant de la comédie musicale à d'autres styles. Ces gens veulent un effet de réel, mais c'est une recherche voyeuriste. Il y a des choses sur lesquelles je ne suis pas revenue, d'autres non, mais je ne vois pas en quoi j'aurais embelli le milieu de la drogue.

K | Y a-t-il une part d'improvisation, de vérité dans le discours des personnages ?

Nous sommes vraiment partis de récits de leur parcours, de leur parole. On a recomposé certains moments à partir de là. Le monologue de Mélissa, "Ma mère, mon héroïne", ce sont vraiment ses mots. Je lui avais demandé l'origine de son manque et elle m'a répondu "Ma mère". À quatre ou cinq mots près, c'est son expérience.

Les acteurs étaient donc les auteurs de ces mots. Ça mettait aussi en balance les préjugés : dans ce monde-là on ne parle pas, ils sont crades, ne sont pas dignes, ne sont pas capables d'humanité. C’est faux !

K | Justement, après avoir partagé autant de moments avec cette communauté, votre point de vue personnel sur le sujet a-t-il évolué ?

Ça m'a plutôt donné de la force pour vaincre le monde réel. La sauvagerie n'est pas forcément là où on le croit. Ça m'a aussi beaucoup pompée. Il faut une énergie folle, j'étais épuisée à la fin du film. Ils me demandaient beaucoup de soin. Mais ils m'ont aussi beaucoup aidée.

K | Et de manière plus globale, diriez-vous qu'il y a eu une évolution de la société à ce sujet ? Que ce soit au niveau sanitaire ou dans l'accompagnement dans l'addiction.

Oui, il y a eu une petite évolution. Les associations de prévention des risques font un travail de fourmi magnifique depuis une quinzaine d'années. Ils sont en effectifs insuffisants par rapport à leur masse de travail mais ils ont une expertise.

Les pratiques des associations évoluent puisqu'elles incluent les personnes comme responsables et non victimes. Ils ne sont pas victimes de la société, c'est des conneries. Certains consomment, aimeraient s'en sortir mais savent qu'ils sont responsables de leur dépendance et de leur descente. Je ne me suis jamais présentée comme thérapeute mais chacun s'est engagé dans ce film pour des raisons différentes. Je pense que Mélissa s'est engagée dans une optique assez thérapeutique.

Jean-Patrick Koné, dans le rôle d'Isaïe

Jean-Patrick Koné, dans le rôle d'Isaïe

K | À ce sujet, savez-vous ce que sont devenus les protagonistes de l'histoire depuis le tournage ?

Patrick a aujourd'hui retrouvé une partie de sa famille mais oscille toujours entre la rue et ses enfants qu'il voit de temps en temps. Il ne s'en plaint pas, et je pense qu'il ne pourra jamais totalement quitter le monde de la rue, et celui de la drogue.

Jean-Paul, lui, en est mort alors qu'on le croyait éternel. À 65 ans, il fumait encore un peu de caillou et avait un appartement, mais son cœur a lâché. À un moment, les excès et l'inconfort infligés à ton corps se payent.

Mélissa fait des études pour être éducatrice et a renoué avec ses enfants depuis quatre ans. Elle les a en garde régulière, mais c'est grâce à elle et pas au film. À un moment, elle s'est servie de ça pour aller mieux.

Le plus jeune, quant à lui, a disparu. Ceux qui l'ont vu à Château Rouge disent qu'il est dans la dope un maximum. C'était le plus vulnérable, il a fait ce qu'il a pu, et peut être qu'un jour il arrivera à saisir sa chance. Il avait la plus grande capacité à devenir comédien. Mais tout ça fait partie de l'histoire du film.

K | Vous revenez sur ces mêmes quartiers, ici Château Rouge. Comment expliquez-vous la concentration de la consommation là-bas ?

Dans le 16e par exemple, ils ne sont pas habillés pareil et ont les moyens de consommer. On le voit moins. C'est plus compliqué que ça cela dit. Le prolétariat de la drogue est beaucoup moins glamour que les filles en robe Prada qui sniffent de la coke en soirée.

Quand t'as les moyens, ça ne te rattrape pas. Jean-Luc Delarue par exemple a pu se payer une clinique et du soutien. Ces gars et filles là ne le peuvent pas. Ce n'est pas la même pratique de la drogue. Le niveau social est différent, de même pour l'entourage familial. Mais des enfants de bonne famille fréquentent aussi les crackhouses.

K | Ne peut-on pas parler d'hypocrisie quand on sait que les pouvoirs publics sont au courant de la présence de ce trafic et de cette concentration de toxicomanie dans ces quartiers sans rien faire pour lutter contre cela ?

Stalingrad est symbolique pour moi. Au début des années 2000, c’était devenu l'endroit de consommation du crack. Mais les autorités ont "nettoyé" comme ils disent. Ils ont repoussé ça à la périphérie, mais c'est comme un lifting, ça masque mais les rides sont toujours derrière...

On a repoussé ça dans des endroits pourris au niveau hygiène. Si les salles de shoot existaient, si la logique était beaucoup moins dure dans les condamnations des usagers... C'est une question de politiques publiques.

K | À ce propos, quel regard portez-vous sur le projet de salles de shoot en France ?

C'est très bien. Il faut ça mais je dirais presque que c'est trop tard. Ca protège les questions du trafic et de la violence qu'il génère. Ca a été prouvé dans toutes les expériences européennes. Les gens se retrouvent moins dans des situations pourries. Après, c'est clinique, ça n'a plus rien de transgressif. Depuis le SIDA par exemple, l'usage dans les lieux protégés a évité des catastrophes sanitaires.

Carole Eugenie, dite Mélissa, dans le rôle de Mona vendant de la drogue dans la rue

Carole Eugenie, dite Mélissa, dans le rôle de Mona vendant de la drogue dans la rue

K | N'était-ce pas incompatible d'allier répression de l'usager et salles de shoot ? Le toxicomane ne courrait-il pas le risque d'être arrêté en possession de substance avant de franchir le pas de la porte de la salle de shoot ?

Ce qui est contradictoire, c'est à la fois que le trafic arrange énormément de gens et qu'on tape sur les usagers. Ce sont eux-mêmes qui s'aliènent dans ce besoin, ils n'en tirent aucun bénéfice contrairement à l'État. C'est compliqué mais je crois que les salles de shoot rendraient davantage vivable l'addiction. On ne peut pas éradiquer la drogue, mais on pourrait tolérer pour soigner.

L'alcool est toléré par exemple. L'usage de cannabis serait beaucoup plus simple légalisé, plutôt que de continuer à arrêter les petits revendeurs. Pour le crack, si moins d'intermédiaires se rinçaient, si les produits étaient contrôlés, ce serait moins risqué. Ça peut donner, d'un point de vue éducatif, un moindre goût de la transgression. L'interdiction n'a toujours fait qu'entretenir l'intérêt.

K | Vous semblez assez sévère envers les humains. Vous ne voyez pas de fin heureuse pour ceux qui sont tombés dans la toxicomanie ?

Celle du plaisir est une réalité. Après pour avoir une vraie fin heureuse, il faut un sacré élan de vie et de confiance pour pouvoir vivre sans produit. C'est très difficile quand on a connu ça. Le problème c'est que les autorités n'affrontent pas la question du plaisir, procuré par les drogues ou les médicaments qui constituent la moitié du trafic de rue. Quand on veut rester éveillé et qu'on ne peut pas le faire seul, on se tourne vers quelque chose, de légal ou non.

K | Vous accusez beaucoup la société. Vous êtes très critique à l'égard du capitalisme et de la post-modernité.

Je pense que l'industrialisation du 19e siècle a joué. On est beaucoup réduits à la consommation des biens pour soi, dans un entre-soi. Je trouve qu'il est plus difficile d'avoir des garde-fous non-matérialistes aujourd'hui. Avec le capitalisme, le trafic souterrain a pu s'exprimer au maximum puisqu'il en fait partie.

Il y a des systèmes d'exclusion. Avant il n'y avait pas de trafic mondial de drogue, c'était un usage moins dangereux, moins récupéré je pense. La régulation est plus forte, mais il y a toujours de nouvelles inventions pour rendre les gens plus dépendants, avec de bons chimistes...

Carole Eugénie, dite Mélissa, et Françoise le Plennier, dans les rôles de Mona et Anna

Carole Eugénie, dite Mélissa, et Françoise le Plennier, dans les rôles de Mona et Anna

K | Au sujet des laboratoires, une scène de votre film est assez marquante. On y voit des femmes nues cuisinant le crack. Avez-vous déjà assisté à de telles scènes durant votre période d'observation ?

J'ai vu des petits labos, pas de cette ampleur. Mais chaque geste de cette séquence fait appel à la pratique de cuisiniers de crack. Il y avait un désir de donner une figure allégorique de la Cène christique dans ces temps modernes, avec le travail à la chaîne. Quant à la nudité, c'est pour éviter que les filles ramassent quoi que ce soit surtout. 

K | Pour finir, pourriez-vous partager avec nous une anecdote de tournage heureuse ?

Il y a eu plein de moments très intense. Au milieu du tournage, Mélissa avait son doseur de crack dans la main et l'a balancé d'elle-même. Je ne m'y attendais pas, et c'était tellement intense. De même pour la comédie musicale. Il y avait 50 personnes, et ça a marché, tout d'un coup il y a eu ce grand blues lancinant alors que c'était casse gueule ! Il y avait quelque chose qui est de l'ordre de la grâce. 

Projection le 7 mai à 18h, au Cinéma l'Entrepôt. Entrée libre sur réservation.

Propos recueillis par Aline Cantos et Anaïs Chatellier

Par Aline Cantos, publié le 07/05/2015

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