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Sondage : Marine Le Pen serait en tête des intentions de vote chez les jeunes

Publié le

par Théo Chapuis

<> on January 16, 2011 in Tours, France.

Un an avant la présidentielle 2017, François Hollande a perdu le vote jeune. C'est Marine Le Pen qui récolte les faveurs des 18-25 ans et arriverait en tête au premier tour s'ils étaient seuls à voter.

Force est de constater que la stratégie de "dédiabolisation" du Front national opérée par l'équipe de Marine Le Pen porte ses fruits. (© iStock)

Le Front national y est parvenu : d'après une étude de l'Ifop pour l’Association nationale des conseils d’enfants et de jeunes (Anacej) dont les résultats sont révélés par Le Monde, si l'élection présidentielle se jouait aujourd'hui avec les seuls votes des 18-25 ans, Marine Le Pen arriverait en tête à l'issue du premier tour.

Preuve du désenchantement de ceux dont il avait promis de faire "la priorité" de son mandat, l'actuel locataire de l'Elysée serait avec les uniques voix de la jeunesse battu dans toutes les configurations – et ce dès le premier tour.

"Pour de nombreux jeunes qui se sentent exclus, relégués, le vote FN peut paraître comme une solution. Chez eux, les idées du FN commencent à s’ancrer", constate Mathieu Cahn,président de l’Anacej et adjoint (PS) au maire de Strasbourg. La présidente du parti d'extrême droite devance ainsi tous les candidats de gauche avec un score compris entre 27 et 31 % des intentions de vote des 18-25 ans. Seul rempart au premier tour face à Marine Le Pen d'après ce sondage : Alain Juppé, qui remporte 29 % des intentions de vote.

Leader au premier tour, battue au second

Leader au premier tour, le FN serait cependant invariablement battu au second tour : comme le quotidien l'explique, la présence du parti de la dynastie Le Pen au second tour est un vecteur de mobilisation des électeurs – tout comme lors des élections régionales de 2015. Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Bruno Le Maire ou même François Hollande (parmi les candidats envisagés par l'Ifop) l'empêcheraient d'inscrire son nom sur la liste des présidents de la Ve République.

Reste que pour François Hollande, la chasse au vote des jeunes semble d'ores et déjà perdue : même si ce sondage arrive en amont de la primaire des Républicains, n'importe lequel des candidats à l'investiture de droite le battrait, le reléguant à la... quatrième position au premier tour : face à Alain Juppé ou Nicolas Sarkozy, le président sortant engrangerait seulement 13 % des intentions de votes, et 15 % contre Bruno Le Maire. À sa gauche, Jean-Luc Mélenchon dépasserait lui aussi François Hollande lors de ce premier tour fictif, lui qui pourrait totaliser entre 15 et 19 % des bulletins des 18-25 ans.

Et si l'exécutif présentait un autre candidat ? Cela ne changerait rien : une candidature de Manuel Valls, jugé trop assimilable à François Hollande, ne bouleverserait pas la donne. Qui en serait capable ? Devinez.

Emmanuel Macron incarne "le renouvellement"

"À gauche, c’est Emmanuel Macron qui aujourd’hui incarne le renouvellement", analyse Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop. Ce sondage a été réalisé en mars, alors que le ministre de l'Économie n'avait pas encore déclaré ses intentions politiques ni créé son mouvement "En marche !". Pas envisagé comme candidat, il a cependant été soumis aux sondés comme vecteur d’influence "sur la participation à l’élection", et s'est placé en tête des personnalités de gauche avec 34 % des intentions de votes. Toutes couleurs confondues, il n'est devancé que par Marine Le Pen, de 2 petits points.

D'après l'Anacej, Emmanuel Macron serait donc le dernier espoir de retrouver la confiance des jeunes dans l'équipe gouvernementale. "Il apparaît à gauche comme un élément de renouvellement, alors que toute une génération politique est cramée", alerte Mathieu Cahn.

Le favori des jeunes est un ancien

Toute ? Non ! Car un vétéran résiste encore et toujours à l'envahisseur. D'après ce sondage, l'idole des jeunes c'est Alain Juppé, en politique depuis 1976, plébiscité avec plus de 65 % des intentions de vote des 18-25 ans au second tour. Mais le charme opérera-t-il jusqu'à avril 2017 ? Pas sûr, prévient Mathieu Cahn, qui compare la popularité du maire de Bordeaux à celle de Jacques Chirac "au crépuscule" de son second mandat présidentiel : "Juppé bénéficie d'une prime au retraité", estime-t-il.

Pour finir, alors qu'à la vue des candidats déclarés pour 2017, de nombreux Français craignent de devoir rejouer le match de 2012, Frédéric Dabi juge le paysage politique "malade d'un problème d'offre".

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