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Sondage : Emmanuel Macron serait la personnalité politique préférée des Français

Publié le

par Théo Mercadier

Le fondateur du mouvement En marche ! récolte les fruits d'une campagne dynamique, mais profite surtout de la très petite forme de l'offre politique française.

© Flickr/Leweb Photos.

Les bonnes cartes changent de mains. Alors qu'il y a un mois, on vous annonçait que Jean-Luc Mélenchon caracolait en tête des expressions d'opinions favorables, il semblerait qu'un certain Emmanuel Macron lui ait aujourd'hui volé la vedette. D'après un sondage Odoxa réalisé pour l'Express et France Inter, l'ex-ministre de l'économie est aujourd'hui la personnalité politique préférée des Français, avec 35 % d'opinions favorables exprimées.

Mais il ne faut pas voir ça comme l'expression d'une dynamique positive derrière sa personne et son mouvement, car son score de popularité tend à stagner. Emmanuel Macron doit en fait beaucoup sa première place au recul des personnalités de droite, un temps boostées par l'impact médiatique de la primaire de la droite et du centre. Alain Juppé a ainsi perdu 4 points de popularité, et François Fillon en a perdu 6, "la plus forte baisse ce mois-ci", précise Odexa. Le candidat des Républicains est aujourd'hui crédité de 31 % d'opinions favorables, toutes sensibilités politiques confondues.

Le fondateur d'En marche ! profite également de la très mauvaise posture des candidats de la primaire du PS (qui aura lieu le 22 et 29 janvier prochains). Manuel Valls, pourtant favori de cette primaire, n'est ainsi crédité que de 21 % d'opinions favorables et, dans l'ensemble, une grande partie des sondés (73 %) pense que celui qui gagnera cette primaire n'aura de toute façon aucune chance de remporter le second tour de l'élection présidentielle. De bonne augure pour la suite...

Petite précision révélatrice du positionnement politique d'Emmanuel Macron : il est toujours plus apprécié par les sympathisants de droite (48 % de cote favorable) que par ceux de gauche (38 %).

Des chiffres à relativiser

Ces sondages restent toutefois à prendre avec des pincettes, surtout à 4 mois de l'échéance. On se souvient ainsi de l'ébahissement unanime des médias devant l'avance répétée d'Alain Juppé dans les enquêtes d'opinion, avant que celui-ci ne se fasse finalement écraser par François Fillon quelques mois plus tard.

Ensuite, ces chiffres n'expriment pas des soutiens solides traduisibles en intentions de votes tangibles : ils agrègent en fait toutes les "opinions favorables". Ainsi, sur les 35 % "d'adhésion" à Emmanuel Macron, seuls 9 % des personnes disent le "soutenir" activement. On est donc bien loin de l'anticipation d'une marée de bulletins de votes. Marine Le Pen et François Fillon, quant à eux, totalisent 14 % de ces soutiens "tangibles" et sont donc pressentis pour le second tour de l'élection.

S'il faut retenir une chose de ces sondages, ce serait donc avant tout l'extrême faiblesse du PS à l'approche de cette élection. À qui la faute ? Probablement au quinquennat de François Hollande : 82 % des sondés pensent qu'il a été un mauvais président.

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