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SIDA : une protection pendant 8 mois bientôt possible ?

Publié le

par Aline Cantos

Après une expérimentation réussie sur des singes, un composé anti-VIH serait en voie de révolutionner le rapport à la maladie.

Le Virus VIH-1

Encore au stade d'expérience, la nouvelle substance nommée eCD4-Ig pourrait bien marquer un tournant majeur dans la lutte contre le virus du Sida. Après une prise unique, elle pourrait protéger du Sida pour environ huit mois. La substance ne fonctionne cependant pas seule, et doit être accompagnée de l'injection d'un virus inoffensif de type adéno-associé qui agit directement sur les cellules afin de susciter en elles la fabrication d'une protéine protectrice.

Testé sur des macaques, le procédé semble avoir conquis les scientifiques qui parlent déjà d'une potentielle protection longue durée pour l'homme. La suite des tests sera déterminante afin de savoir si oui ou non le procédé est transposable à l'espèce humaine.

Durant l'expérience comprenant deux groupes de singes, traités, et non traités, les animaux ont été exposés au virus. Les macaques traités a priori n'ont pas développé le VIH-1, principale forme du virus, tandis que leurs semblables non-traités l'ont contracté.

La découverte de ces chercheurs américains pourrait bien être un instrument révolutionnaire dans la lutte contre le virus qui fait chaque année plus d'un million et demi de victimes à travers le monde selon les chiffres 2013 de l'ONU.

Le Professeur Michael Farzan, directeur de la recherche, se veut très optimiste sur les capacités de ce nouveau traitement :

Nous avons développé un inhibiteur très puissant et à large spectre.

Alors que les contraintes liées au dépistage s'allègent, comme avec les récents progrès concernant les autotests, les solutions durablement efficaces pour prévenir le virus ne courent toujours pas les rues.

Des traitements encore balbutiants et coûteux

Le traitement post-exposition, trop peu connu et pourtant d'un secours incroyable en cas de prise de risque, reste très lourd en effets secondaires tout comme d'un point de vue financier. De plus, il ne garantit toujours pas un risque 0 à son issue. Même pris dans les 48 heures qui suivent le rapport à risque.

Quant à la trithérapie, elle reste un dernier recours auquel personne n'a envie d'être confronté. Avec cette nouvelle substance, l'espoir d'une meilleure anticipation des risques se laisse entrevoir.

Pour autant, à l'instar des instruments tels que la trithérapie ou le traitement post-exposition, ce procédé restera sans doute hors de portée de toute une partie de la population en raison de son coût et des installations sanitaires nécessaires à son administration.

En Afrique, le taux de mortalité lié à la maladie est le plus élevé du monde. Pourtant, le manque de moyen ne permet souvent pas aux populations d'avoir accès aux soins et services médicaux. Il reste donc à savoir si le prix de ce nouveau traitement pourra enfin permettre à tous de profiter de cette avancée médicale de taille.

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