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Anne Hidalgo affiche un maire sexiste dans une lettre tonitruante

Publié le

par Ariane Nicolas

La maire de Paris, Anne Hidalgo. (Parti socialiste / CC / Flickr)

La maire de Paris dénonce des propos très déplacés d'un élu parisien dans une lettre publiée sur Twitter.

La maire de Paris, Anne Hidalgo. (Parti socialiste/ CC/Flickr)

"Face au sexisme, je ne me suis jamais tue et je ne me tairai jamais." C'est avec ces mots qu'Anne Hidalgo justifie, dans un tweet envoyé mardi 14 juin, la publication d'une lettre adressée à un élu francilien qui a tenu des propos très déplacés à son égard. La maire de Paris avait rédigé cette lettre il y a quatre jours : elle est désormais lisible par tous.

Anne Hidalgo raconte que lors d'un rassemblement à Clamart (Hauts-de-Seine), dans le cadre du chantier du Grand Paris, plusieurs élus lui ont indiqué que Philippe Pemezec, maire (LR) du Plessis-Robinson, avait déclaré à son sujet :

"Qu'est-ce qu'ils ont tous à se précipiter autour d'elle ? Ils sont comme un tel à vouloir se faire tailler des pipes par Hidalgo."

Loin de se défiler, l'édile PS de la capitale cite ces mots crus dans son courrier et les accompagne d'un texte tonitruant, écrit avec un style à la fois cash et enlevé. Extraits :

"Je dois à toutes celles qui ont à subir [les grossièretés], comme au respect que m'inspire la fonction de maire, de dénoncer publiquement ce que vous appellerez sans doute des gauloiseries et que j'assimile moins poétiquement à des injures. [...]

Inacceptable de croire qu'un élu de la République puisse tomber si bas, j'ai pris la peine de recouper [vos propos] auprès de plusieurs témoins.

[Ces paroles] sont d'autant moins acceptables qu'elles étaient proférées lors d'une cérémonie publique à laquelle vous participiez en tant qu'élu.

Il arrive très fréquemment que l'on me demande si j'ai été et si je suis encore victime de comportements manifestement sexistes. Cela a été le cas samedi à Clamart, et c'est en pensant à toutes les femmes qui sont contraintes au silence face à l'inacceptable que je me résous à rendre publique cette chronique du sexisme ordinaire."

La réponse de l'élu, du sexisme décomplexé

Philippe Pemezec (Les Républicains) ne s'est pas fait prier pour lui répondre, là aussi publiquement. En fin de matinée, il a publié sur son compte Twitter une lettre où il ne présente ni excuses, ni remords, mais s'engouffre un peu plus dans le sexisme décomplexé. Il accuse Anne Hidalgo d'avoir une "démarche calculée"... pour son mari, davantage que pour elle.

Petit détail révélateur, la missive commence par un très visible "Madame le maire" :

"Je me suis dit que vous vouliez peut-être faire taire un des rares élus qui se permettent de dénoncer le travail de défiguration que vous menez aujourd'hui. [...]

Je me suis enfin rappelé que votre conjoint, monsieur Jean-Marc Germain, est le député de la douzième circonscription des Hauts-de-Seine. [...] Il pourrait être mon adversaire aux législatives de 2017. [...] La ficelle est un peu grosse. [...]

Je suis navré de votre démarche qui alimente encore un peu plus l'exaspération des Français, déjà las de ces querelles politiciennes et de ces pertes de temps et d'énergie sur des sujets qui ne les concernent pas."

Raté, monsieur Philippe Pemezec, le sexisme concerne tous les Français, et pas seulement les Françaises. Mais de la part d'un élu visiblement aussi grossier – comme le rappelle BuzzFeed, le maire du Plessis-Robinson s'était déjà fait remarquer pour des propos discriminatoires, voire carrément homophobes –, une réponse digne et responsable aurait été trop demander.

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