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S'épiler ou se raser le maillot pourrait augmenter les risques d'IST

Publié le

par Lydia Morrish

De plus en plus de femmes et d'hommes s'épilent ou se rasent les poils pubiens. Une pratique que des chercheurs ont mis en relation avec le risque de contracter une infection sexuellement transmissible.

Extrait du film <em>Bang Gang (une histoire d'amour moderne)</em>. (© Pierrot le fou)

On peut compter sur les doigts d'une main les désavantages de se faire le maillot : le prix des rasoirs, l'irritation de la peau, les démangeaisons de la repousse, le symbole d'oppression des femmes, l'idéal de beauté consumériste... Pouvoir répertorier ses désagréments ne les rend pas moins enrageants. À toutes ces raisons vient également s'ajouter l'augmentation du risque d'infections sexuellement transmissibles (IST). Une nouvelle étude vient en effet de révéler que les femmes et les hommes qui se rasent entièrement les poils pubiens ont plus de risques de contracter des infections sexuellement transmissibles que les autres. L'étude publiée dans le journal Sexually Transmitted Infections est basée entre autres sur un sondage auprès de 7 580 hommes et femmes américains. 66 % des hommes et 84 % des femmes disent se raser ou tailler leurs poils pubiens.

Si on prend en compte toutes les techniques pour faire disparaître les poils et qu'on les compare aux comportements sexuels et à l'historique des IST, la conclusion montre que ceux et celles qui retirent l'intégralité de leurs poils pubiens plus d'une fois par mois sont plus susceptibles de contracter une IST, même si aucun lien entre les deux n'a pour l'instant été démontré.

Microcoupures et déchirures de la peau

Les chercheurs expliquent que la corrélation entre cette pratique et les IST est due en partie aux microcoupures et déchirures de la peau qui augmentent les risques de contamination virale. Ils révèlent également que la haute fréquence de rasage et autres techniques sont liées aux "comportements sexuels à risques", et avec plusieurs partenaires.

Cependant il y a un avantage au rasage : les biologistes affirment depuis des années qu'enlever tous les poils pubiens permet de diminuer les risques d'attraper des morpions. En effet, le rasage et l'épilation à la cire sont toujours aussi populaires, tandis que les populations de morpions elles, ont énormément diminué. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu'ils sont en voie d'extinction.

En 2014, l'article "Pubic Lice: An Endangered Species?" ("Les morpions : une espèce en danger ?") publié dans Sexually Transmitted Infections a montré une "forte corrélation entre le déclin des infections transmises par morpions et l'augmentation de l'épilation". Cependant, le journal affirme que l'éradication complète des morpions n'est pas encore atteinte.

Le marketing ciblant les femmes rapporte gros

Alors, quelle est la meilleure solution pour votre entrejambe ? La réponse féministe autour de la question des poils pubiens est plutôt divisée. La deuxième vague de féministes incitait les femmes à rejeter l'épilation et l'image imposée de la féminité qu'elle représentait afin d'établir plus d'égalité entre hommes et femmes. Ce qui veut dire que pendant un certain temps, beaucoup de femmes – surtout dans les années 1970 – arrêtèrent complètement de se raser afin notamment de s'opposer aux visions patriarcales de la société.

Mais la quatrième vague du féminisme pense que si une femme n'est en aucun cas contrainte à s'épiler (ou à se plier à tout autre standard de beauté), alors elle devrait avoir le droit de choisir ce qu'elle veut faire de son corps sans pression sociale aucune – si elle se sent bien par rapport à l'épilation, qu'elle s'épile ; sinon, qu'elle ne se force pas.

Cependant, dans une société où le marketing ciblant les femmes rapporte gros, il est difficile de déterminer si une femme s'épile, porte du maquillage et se lave les cheveux pour elle-même, pour ses partenaires sexuels, ou pour les marques de cosmétiques. Étant donné que les entreprises s'approprient de plus en plus les messages "féministes" afin de promouvoir leurs produits, il est impossible de savoir réellement pour qui, ou pour quoi, nous nous rasons.

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