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Selon une grande consultation, le vote blanc ou l’abstention s’imposent chez les "insoumis"

Publié le

par Théo Mercadier

Plus de 240 000 Insoumis ont participé à un faux second tour sur le site de Jean-Luc Mélenchon, pour montrer ce qu’ils pensent. L’abstention et le vote blanc (ou nul) sortent grands gagnants de la consultation.

Au soir du premier tour, Jean-Luc Mélenchon créait la surprise en refusant de donner une consigne de vote à ses militants. "Je n’ai reçu aucun mandat des 450 000 personnes qui ont décidé de présenter ma candidature pour m’exprimer à leur place sur la suite. Elles seront appelées à se prononcer sur la plateforme [de son site, ndlr] et le résultat de leur explication sera rendu public", avait-il alors déclaré dans une allocution. C’est désormais chose faite.

Si les 450 000 citoyens convoqués (soit le nombre de personnes à avoir "appuyé" la candidature de Mélenchon) ne se sont pas mobilisés pour donner leur opinion, une grosse partie a fait la démarche. Pas moins de 243 128 "insoumis" ont ainsi participé à la consultation, et le résultat est sans appel : l’abstention et le vote blanc (ou nul) l’emportent à une très large majorité, avec 65,17 % des voix exprimées. Ils sont donc une minorité (34,83 %) à souhaiter apporter leur vote à Emmanuel Macron. Le vote FN, lui, ne figurait pas parmi les choix proposés.

Dans le détail, voici les résultats de ce scrutin numérique, que l’on peut retrouver sur le site de campagne du candidat :

"– 87 818 insoumis.es, soit 36,12 %, pour un vote blanc ou nul ;
– 84 682 insoumis.es, soit 34,83 %, pour un vote Emmanuel Macron ;
– 70 628 insoumis.es, soit 29,05 %, en faveur d’une abstention."

Que nous disent ces chiffres ? Pas grand chose, car il faut les relativiser. En effet, l’opinion de 243 000 militants ne saurait être représentative des 7 millions de voix que Jean-Luc Mélenchon a recueillies au premier tour de la présidentielle. On n’en sait donc pas beaucoup plus sur les reports de voix de cet électorat très large. Au lendemain du premier tour, un sondage pour Paris Match estimait que 51 % des électeurs de Mélenchon apporteraient leur suffrage à Emmanuel Macron. C’est aussi la ligne de Mélenchon qui, s’il n’a pas ouvertement appelé ses électeurs à voter Macron, a récemment annoncé que "le doute n’existe pas sur ce que va être [son] vote".

On comprend en revanche que le noyau dur des militants mélenchonistes refuse massivement l’idée du front républicain, défendue par l’écrasante majorité des responsables politiques pour tenter de faire barrage au Front national. Ceci en dit long sur la lassitude de cet électorat auquel, en l’espace de trois élections présidentielles, on a demandé par deux fois d’aller aux urnes pour empêcher un membre de la famille Le Pen d’accéder au pouvoir.

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