"Selfiestick", "binge watching" : quand le Québec traduit tout en français

Le Québec vient de franciser cinq nouveaux mots anglais parmi lesquels "selfiestick" et "binge watching". 

La francisation de titres de films au Québec : tout un art

La francisation de titres de films au Québec : tout un art

Tabarnak de câlice : l'Office Québécois de la Langue Française (OQLF) a encore frappé en francisant cinq mots anglais liés à la technologie et qui n'avaient pas encore leur équivalent. Les journalistes et lecteurs du mensuel québécois L'Actualité lui en avaient soumis 16 qui selon eux auraient gagné à être traduits. Parmi eux, l'administration a sélectionné “selfie stick”, “digital afterlife”, “webrooming”, “binge watching” et “unboxing”. D'ordinaire cependant, cette démarche est effectuée par les individus québécois grâce à un formulaire en ligne.

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Si l'OQLF a permis aux citoyens de proposer leurs propres traductions, Johanne Maltais – la terminologue responsable "des politiques et méthodes"auprès de l'organisme – a tout de même rappelé à L'Actualité que : "Au-delà de nos préférences personnelles, nous devons proposer des termes précis et clairs."

Des traductions très littérales

"Selfiestick" s'est ainsi vu mué en "perche à égoportrait". Le "binge watching" a lui été traduit par "visionnage en rafale". Aussi, nos amis montréalais ne seront plus censés employer le terme "unboxing" pour décrire l'action de filmer le déballage d'un nouvel achat, au profit de "déballage vidéo".

"Webrooming", qui renvoie à la recherche en ligne d'un produit avant de l'acheter en magasin, sera remplacé par "webrepérage". Et enfin l'expression "au-delà numérique" – soit "l'ensemble des biens et des traces numériques d’un internaute qui restent en ligne après sa mort" – supplantera "digital afterlife".

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Reste à savoir si ces termes francisés seront réellement employés. Mais ce n'est pas impossible, sachant l'importance que le gouvernement québécois accorde à l'usage d'un français aussi libéré que possible de l'impérialisme de la langue anglaise. Le cas des traductions trop très littérales de titres de films au Québec est d'ailleurs célèbre : "Pulp Fiction" par exemple ayant été substitué par "Fiction Pulpeuse", tandis que "Kill Bill" y est devenu "Tuer Bill".

Par , publié le 11/06/2015

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