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Des scientifiques révèlent en images les effets du LSD sur le cerveau

Pour la première fois, des chercheurs ont dévoilé des scans du cerveau de personnes ayant pris du LSD. Ces documents montrent que cette drogue unifie les différentes régions de l’organe.

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De plus en plus d'études montrent que le LSD, une drogue de synthèse puissante et dangereuse, possède aussi certaines propriétés bénéfiques. La science montre notamment que ce psychotrope à l’état pur rend les gens plus calmes et plus compatissants, peut réduire la fatigue et aider à atténuer les symptômes de certaines maladies mentales.

Jusqu’ici, on ne savait pas trop comment cette drogue affectait le cerveau, mais, pour la première fois, les scans du cerveau de gens ayant pris du LSD ont été révélés. Ces documents illustrent l'impact considérable du psychotrope sur le cerveau.

(via Paper)

Une nouvelle étude avant-gardiste publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences montre, en images, que prendre du LSD rend le cerveau plus "entier", en accord avec soi-même, "intégré ou unifié".

Vingt volontaires, qui ont accepté de se faire un trip au nom de la science, ont pris soit une dose de LSD soit un placebo avant de passer un scanner du cerveau. Perturbation de l'activité cérébrale, connectivité variable et toute une batterie de modifications du cerveau ont permis d'élaborer de nouvelles théories sur les hallucinations entraînées par la prise de ce psychotrope.

Les scans ont montré que les participants drogués ne tripaient pas seulement avec les images venues de la partie visible du cerveau, mais de tout le cerveau. Les hallucinations ne viennent donc pas seulement du cortex situé à l’arrière du cerveau, mais des régions séparées de l'organe qui communiquent les unes avec les autres. En gros, le LSD "unifie" le cerveau.

Les yeux fermés, les gens sous LSD voient au delà de la partie visible du cerveau. (Photo: Imperial/Beckley Foundation)

Les yeux fermés, les gens sous LSD voient au-delà de la partie visible du cerveau. (© Imperial/Beckley Foundation)

Le scientifique qui dirige cette étude, Robin Carhart-Harris, explique dans un communiqué :

"Normalement, notre cerveau est composé de réseaux indépendants qui remplissent des fonctions spécifiques distinctes les unes des autres, comme la vision, le mouvement, l’ouïe, en plus de choses plus complexes, comme l’attention. Cependant, sous LSD, la séparation entre ces réseaux disparaît et, à la place, votre cerveau est plus intégré ou unifié."

L’étude a également conclu à une perte de l’ego ou une dissolution de l’ego. Cela signifie que la plupart des consommateurs de LSD perdent la perception d'eux-mêmes en plein trip.

Un des collègues de Robin Carhart-Harris, David Nutt, qui est l’ancien conseiller du gouvernement sur les drogues et professeur de neuropsychopharmacologie à l’Imperial College de Londres, explique que la science a attendu ce moment une cinquantaine d'années. Il explique :

"C’est à la neuroscience ce que le boson de Higgs était à la physique des particules. Nous ne savions pas comment la drogue entraînait des effets aussi importants. C’était trop difficile à faire. Soit les scientifiques étaient frileux, soit ils ne voulaient pas s'embêter à surmonter les gros obstacles pour le faire."

Ces résultats sont exceptionnellement intéressants pour les scientifiques qui étudient les effets de cette substance sur le cerveau. Certaines personnes qui prennent du LSD souffrent de démence temporaire, et même parfois permanente, longtemps après leur premier trip.

La différence de l'activité cérébrale d'un cerveau sous placebo et sous LSD. (Photo: Imperial/Beckley Foundation)

La différence entre l'activité cérébrale d'un cerveau sous placebo et celle d'un cerveau sous LSD. (© Imperial/Beckley Foundation)

Traduit de l'anglais par Hélaine Lefrançois

 

Par Lydia Morrish, publié le 12/04/2016