Rencontre avec le gardien du dernier rhinocéros blanc

L'espèce des rhinocéros blancs du Nord ne comporte plus qu'un mâle, mais elle pourrait être sauvée avec moins d'un million d'euros. Rencontre avec ses protecteurs.

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L'un des gardes du corps de Sudan, le protégeant de la menace des braconniers.

C'est au fin fond du Laikipia, une région reculée du Kenya, que l'organisme de protection de la nature Ol Pejeta est installé. Établi en 1949, Ol Pejeta accueille aujourd'hui Sudan, soit le dernier rhinocéros blanc mâle au monde.

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Il y a quelques jours, Konbini publiait un article concernant Sudan et l'escouade de gardes du corps qui le protège sans trêve. Mais il semble que les moyens déployés ne soient pas assez importants. Et d'ailleurs n'est-il pas déjà trop tard ?

Sudan est protégé des braconniers avec deux de ses congénères féminins. Et alors que sa dulcinée ne soit sans doute plus capable de se reproduire, on est en droit d'espérer que la fécondation in vitro pourrait sauver l'espèce de l'extinction.

Une situation critique

Konbini s'est entretenu avec Richard Vigne, l'homme à la tête de Ol Pejeta Conservancy, qui coordonne notamment le traitement médical et le programme de protection de Sudan.

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Il explique que la situation devient de plus en plus critique :

Généralement il a accès à une enceinte spécialement construite d'environ 2500 kilomètres carrés. Cependant, il devient vieux. Les rhinocéros étant des rhinocéros ils peuvent devenir assez agressifs entre eux et devenir relativement violents.

Ces jours-ci on doit le ramener dans une zone plus petite où on peut le protéger des autres rhinocéros. C'est un genre de vieux grincheux. Il ne se déplace pas tellement, il est un peu fragile.  

Two of Sudan's bodyguards tried to raise funding last year with the hashtag #runningwithrangers

Deux des gardes du corps de Sudan ont essayé de réunir des fonds l'an dernier avec le hashtag #RunningWithRangers

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La menace des braconniers

Au-delà de son travail visant à protéger les rhinocéros, Richard Vigne cherche aussi à protéger toutes les autres espèces de l'est de l'Afrique se trouvant menacées. Mais son organisme Ol Pejeta a besoin de support extérieur pour pouvoir obtenir des résultats conséquents relatifs à la préservation des espèces en danger :

Ces animaux, je touche du bois quand je dis ça, sont gardés de très près dans leur propre enclos qui est entouré d'une clôture électrique. Je dirais que n'importe quel braconnier qui essaierait de l'atteindre maintenant serait légèrement fou.

Cela dit, nous avons la population de rhinocéros la plus importante de l'est de l'Afrique - dans les 130 et quelques rhinocéros à travers 300 kilomètres carrés - donc nous sommes régulièrement sujets à des attaques braconnières. Juste pour vous donner un exemple, on a perdu deux rhinocéros l'an dernier.

Sudan enjoys an hay, his favourite food, from the safety of his electric fenced enclosure

Sudan mangeant du foin

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Fécondation in vitro

Sauver l'espèce de Sudan de l'extinction va demander beaucoup de travail, et de savoir-faire scientifique. Cela implique notamment l'application de méthodes de reproduction artificielle. Ainsi, Richard Vigne déclare :

Nous nous pencherons sur la fécondation in vitro. Si ça ne marche pas on prendra un œuf à une femelle et on prendra le sperme qu'on a collecté à partir de Sudan et d'autres mâles. Nous espérons qu'à ce niveau nous auront un embryon viable pour la plantation, avec une mère porteuse qui serait probablement un rhinocéros blanc du sud. 

Le problème c'est que ça n'a jamais été fait auparavant chez les rhinocéros. Nous devons développer le protocole pour le faire en premier avant de l'essayer sur les blancs du Nord. Nous essaierons en Afrique du Sud d'abord avant d'apporter la technique à Sudan. Pour mettre ça en contexte, la technique utilisée pour faire ça sur les rats est presque complètement différente comparée à la technique utilisée sur les souris.

Dernier espoir

Cet effort historique devrait coûter environ 835 000 euros. Ce genre d'expérience est onéreuse mais il pourrait s'agir du seul moyen de sauver cette espèce.

Selon le World Wildlife Fund (WWF), il y avait encore plus de deux milliers de rhinocéros blancs du Nord sur la planète en 1960. En 1980, il n'y en avait plus que 15, et l'an dernier il n'en restait que 5. Aujourd'hui, Sudan constitue le dernier espoir de l'espèce.

Au-delà du cas du rhinocéros blanc, de nombreuses espèces animales sont de plus en plus menacées de disparition à l'échelle mondiale. Pour sauver l'espèce de Sudan, il faudrait que 835 000 personnes donnent un euro.

POACHERS BEWARE - Where Sudan goes, so do his personal swat team

Sudan est toujours accompagné par ses gardes du corps.

Sudan enjoying an apple, his second favourite food after hay.

Sudan mangeant une pomme, sa nourriture préférée après le foin.

Hay is better. Sudan quaffs a stack of hay in the sunshine.

Sudan avalant un tas de foin, au soleil.

Traduction de l'anglais par Maxime Retailleau

Par , publié le 16/04/2015

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