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Aux États-Unis, les jeunes désinstallent Facebook en masse

YouTube, Instagram et Snapchat bénéficient de ce basculement.

© The Social Network / Sony Pictures

Article initialement publié le 1er juin 2018 et mis à jour le 6 septembre 2018.

Selon une étude toute fraîche du Pew Research Center, 44 % des 18-29 ans états-uniens indiquent avoir supprimé l’appli Facebook au cours de l’année passée. Toutes classes d’âges confondues, cela représenterait un peu plus d’un quart des 4 594 personnes interrogées. Et cela ne concerne que 12 % des personnes âgées de plus de 65 ans. Moins radicaux, 54 % des utilisateurs interrogés affirment avoir ajusté leurs paramètres de confidentialité.

Derrière ce phénomène, il y a bien sûr la mouvance #DeleteFacebook, fomentée par LE gros scandale des derniers mois lié au réseau social, Cambridge Analytica, que l’on accuse d’avoir contribué à l’élection de Donald Trump.

Mais l’herbe semble aussi plus verte et attrayante sur les autres plateformes. C’est ce que laissant entendre une autre recherche du Pew Research Center publiée en juin dernier. 743 ados âgés de 13 à 17 ans avaient été interrogés. Seuls 51 % d’entre eux déclaraient utiliser Facebook, alors qu’ils étaient 71 % en 2014-2015. YouTube, Instagram (détenu par Facebook) et Snapchat passaient ainsi largement devant avec des taux respectifs de 85 %, 72 % et 69 %.

La fréquence d’utilisation avait elle aussi, diminué : 10 % d’entre eux affirmaient se connecter régulièrement sur Facebook – contre 32 % pour YouTube, et 35 % pour Snapchat.

L’étude nous fournissait aussi quelques précisions psychosociologiques intéressantes. Les ados issus de milieux défavorisés allaient beaucoup plus sur Facebook que les plus nantis (22 % contre 4 %). 31 % de tous les ados interrogés considéraient que les réseaux sociaux avaient un impact plutôt positif sur leur vie car ils permettent surtout de rester en contact avec les proches, tandis que 24 % estimaient qu’ils ont un aspect négatif, en grande partie à cause du harcèlement en ligne et de la propagation de rumeurs.

Par Pierre Schneidermann, publié le 06/09/2018