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François Ruffin face à Emmanuel Macron : "Vous, c'est plutôt : mon amie, c'est la finance"

Publié le

par Virginie Cresci

Le 6 avril, François Ruffin était l'invité mystère de L'Émission politique consacrée à Emmanuel Macron. Le réalisateur de Merci patron ! s'est présenté comme un défenseur des salariés faisant face à un pur produit du monde de la finance. 

Le 6 avril, François Ruffin était l'invité mystère de L'Émission politique consacrée à Emmanuel Macron. Récemment récompensé du César du meilleur documentaire pour Merci patron !, le rédacteur en chef du magazine Fakir a l'ambition de devenir député, "pour coincer les ministres". 

Cette figure de proue du mouvement Nuit Debout se présente ainsi aux élections législatives de juin prochain sur une liste de gauche, qu'il a nommée "Picardie debout". Il a notamment obtenu le soutien de Jean-Luc Mélenchon, d'EELV et du PCF.

Face à Macron, Ruffin a fait du Ruffin, déboulant sur le plateau avec tout un attirail d'accessoires : un T-shirt "I love Lafleur" (en référence à une marionnette révolutionnaire picarde qui "botte le cul aux notables"), un Post-it  où était noté "Non à la fermeture de Whirlpool Amiens", un agenda pour convenir d'un rendez-vous entre les employés de cette usine et le candidat, et trois faux chèques signés "Emmanuel Macron".

Même lycée, mais pas les mêmes combats

Dès le départ, Emmanuel Macron tente d'éviter la confrontation, évoquant la ville d'Amiens, où ont grandi les deux hommes. Ils ont même fréquenté le même lycée, souligne le leader d'En marche !. "Ça nous fait un point commun", ironise Ruffin, mais "on en restera là", ajoute-t-il sèchement. Alors que le journaliste habite toujours à Amiens, Emmanuel Macron a quitté la ville lorsqu'il était jeune, pour aller étudier au prestigieux lycée Henri-IV de Paris.

François Ruffin commence alors par attaquer Emmanuel Macron au sujet de la fermeture de l'usine Whirlpool, qui concerne 500 familles et une centaine d'intérimaires. Le réalisateur parle d'une "agression économique", niée selon lui par Emmanuel Macron, dont "le silence est assez parlant".

L'ancien ministre de l'Économie répond qu'il préfère se taire que de faire "de la démago complète". "Mon silence ce n'est pas de l'indifférence, c'est un refus de manipuler des situations", ajoute-t-il, taclant au passage Jean-Luc Mélenchon et son "camion des insoumis" qui sillonne les routes de France pour aller à la rencontre des électeurs indécis.

"J'ai lu votre programme, j'ai trouvé que c'était une opération Walt Disney"

François Ruffin enchaîne en attaquant le programme d'Emmanuel Macron qu'il qualifie "d'opération Walt Disney", et note l'absence de plusieurs mots : "actionnaire", "dividende""PDG", "banque", "paradis fiscal" et "spéculation".

Le journaliste accuse clairement l'ancien banquier d'être du côté des actionnaires plutôt que de celui des salariés, le taclant d'un "Vous, c'est plutôt, mon amie c'est la finance", en référence au fameux discours du Bourget de François Hollande en 2012 (dans lequel il avait dit que la finance était son "adversaire""À qui profite le candidat Macron ?", demande François Ruffin, avant de lui demander directement : "Combien de cadeaux au CAC 40 allez-vous faire avec votre programme ?"  

"Soyez gentil avec moi, rétorque étrangement Macron. Je n'ai pas de leçon à recevoirj'ai des combats aussi libres que vous." À la fin de cet échange peu constructif, François Ruffin fait le show et sort trois faux chèques, dont un d'Emmanuel Macron adressé au CAC 40.

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