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Au Royaume-Uni, des associations permettent aux sans-abris de dormir dans des bus

Alors que le nombre d'hébergements est de plus en plus restreint, certains sans-abris se voient obligés de dormir dans des bus de nuit. 

With no emergency space, one charity has taken to given tickets to young people to ride the night bus. (Photo: Alamy)

Sans espace supplémentaire, une association a décidé de donner aux jeunes sans-abris des tickets de bus. (Photographie : Alamy)

La situation des sans-abris est si critique en Grande-Bretagne que le nombre de personnes amenées à dormir dehors a augmenté de 55% en l’espace de cinq ans, tandis que le nombre de places disponibles dans les foyers décline. En raison de cette pénurie de couchages de secours, certaines associations caritatives, qui œuvrent au rétablissement de conditions plus clémentes, se sont résolues à distribuer aux jeunes sans-abris de Londres des tickets pour les bus nocturnes, afin qu’ils puissent y dormir.

Des association débordées

L’association New Horizon Youth Centre tente de trouver des hébergements d’urgence pour les jeunes gens vulnérables. Ses membres doivent désormais distribuer des tickets de bus et prodiguer des conseils aux jeunes afin qu’ils puissent se déplacer en sécurité autour de la capitale et ne pas avoir à arpenter les rues.

Si cela peut sembler une mesure particulièrement drastique, des recherches montrent que la literie disponible dans les foyers a diminué de 10% en quatre ans, et que plus de la moitié des services caritatifs qui aident les sans-abris ont vu leur financement disparaître.

La conséquence de tout cela : les services sociaux implorent de l’aide pour faire face au nombre grandissant de sans-abris, et s’en remettent à des mesures improvisées pour leur fournir un abri temporaire – même s’il s’agit d’un bus.

More and more charities are struggling to find emergency hostel space for homeless youngsters. (Photo: AP)

De plus en plus d'associations rencontrent des difficultés pour trouver des places disponibles dans les foyers. (Photographie : AP)

Une solution qui dérange

Shelagh O’Connor, le directeur de New Horizon Youth Centre, déplore que l’association ne puisse venir en aide qu’à la moitié des gens qui le leur demandent, alors qu’elle aurait été capable d’en aider un plus grand nombre en 2010.

C’est vraiment en dernier recours que le ticket de bus a été suggéré : "Ils sont plus en sécurité dans le bus que dans la rue. On leur dit quelles routes choisir pour pouvoir rouler toute la nuit. Ils peuvent revenir au matin, prendre une douche et manger des céréales."

Les mesures d’austérité n’ont fait que creuser le risque que courent ces personnes, et à moins qu’une politique précise ne soit mise en place qui peut soutenir correctement les associations comme New Horizon, d’autres personnes vont devoir passer l’hiver dehors.

En 5 ans, le nombre de places d’urgence disponibles pour les jeunes s’est énormément restreint. Je redoute que les 18-25 ans ne soient forcés de vivre de nouveau à la rue.

Il n’y a pas de solution simple et efficace financièrement, car les gens qui dorment à la dure, guettant tout ce qui leur tombe sous la main, finissent par coûter plus à la société, en terme de santé physique et mentale, de l’activité criminelle chez les jeunes, de la prise en charge du système judiciaire, et de la consommation de drogue.

The rates of homeless young people has continued to rise since 2010. (Photo: Paul Clarke)

Le taux de sans-abris augmente continuellement depuis 2010. (Photographie : Paul Clarke)

Par Kate Lismore, publié le 24/09/2015