AccueilÉDITO

Au Royaume-Uni, l’énergie éolienne est désormais moins chère que l’énergie nucléaire

Publié le

par Jeanne Pouget

Le Royaume-Uni dispose d’un potentiel éolien parmi les meilleurs au monde. Ici la ferme éolienne offshore de Sheringham en mer du Nord (© Statkraft/Flickr)

Au Royaume-Uni, le prix de l’énergie issue de l’éolien offshore a drastiquement chuté et concurrence de plus en plus sérieusement le secteur du nucléaire.

Le Royaume-Uni dispose d’un potentiel éolien parmi les meilleurs au monde. Ici, la ferme éolienne offshore de Sheringham, dans la Mer du Nord. (© Harald Pettersen/Statoil/Flickr/CC)

Alors que le projet d’extension de la centrale nucléaire d’Hinkley Point, au Royaume-Uni, prend toujours plus de retard et que les coûts du chantier ont déjà triplé, ceux de l’énergie éolienne en 2016 ont été divisés par deux par rapport à 2015. C’est ce que montre le résultat d’enchères publié le lundi 11 septembre par le ministère de l’Énergie britannique, pour trois nouveaux projets au large des côtes. Un nouveau rapport de force financier s’installe et pourrait ainsi pousser le gouvernement à revoir sa politique nucléaire. Vince Cable, chef de file du Parti libéral-démocrate, analyse pour le Guardian :

"La chute spectaculaire du coût de l’éolien offshore est extrêmement encourageante et prouve que le gouvernement doit revoir radicalement l’approvisionnement énergétique du Royaume-Uni."

"L’époque du renouvelable en tant qu’énergie la plus compétitive est venue", renchérit l’analyste financier cité par le site. Allant même jusqu’à affirmer que cette tendance émergente du renouvelable compétitif et à bas coût est "irréversible".

Une tendance globale

La chute du prix de l’éolien observé au Royaume-Uni et sa forte compétitivité vis-à-vis du nucléaire ne seraient donc que la suite logique d’une tendance qui se globalise, comme le note le Guardian :

"Les turbines sont devenues plus grandes et plus efficaces, les coûts des installations ont dégringolé et les opérateurs ont désormais la possibilité d’utiliser des infrastructures existantes. Au contraire, la technologie nucléaire – qui existe depuis plus d’un demi-siècle – semble être la seule à être de plus en plus chère dans un monde où la réglementation sur la sécurité est toujours plus sévère."

De fait, le secteur est perçu comme moins risqué qu’il y a cinq ans par les investisseurs qui font chuter les prix des capitaux. De son côté, le ministre de l’énergie, Richard Harrington, s’enthousiasme : "Rien que le secteur de l’éolien investira 17,5 milliards de livres [19,7 milliards d’euros, ndlr] au Royaume-Uni d’ici 2021, et des milliers de nouveaux emplois seront créés."

Des arguments qui serviront assurément aux anti pour militer en faveur de la sortie du pays du nucléaire ou, a minima, de l’arrêt des travaux de Hinkley Point C, l’extension qui doit accueillir deux nouveaux réacteurs dits de troisième génération (EPR) à partir de 2025. De son côté, l’Association de l’industrie nucléaire au Royaume-Uni argue que ces travaux permettront d’alimenter en courant 6 millions de foyers, avec des réacteurs qui fonctionnent quasiment en continu et non soumis aux aléas climatiques.

Quoi qu’il en soit, un renversement est à l’œuvre et, cette fois-ci, ce sont les turbines éoliennes qui ont le vent en poupe.

À voir aussi sur konbini :