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Le "Rolling Coal", l’activité WTF des climatosceptiques américains

Publié le

par Jeanne Pouget

Au cœur de l’Amérique républicaine, les climatosceptiques vont jusqu’à tuner leurs 4x4 pour polluer encore plus. De quoi narguer les écologistes, à la racine de ce qu’ils considèrent être un complot politico-médiatique.

Pour les climatosceptiques, le réchauffement de la planète n’existe pas. Et il est peu surprenant qu’aux Etats-Unis, pays le plus pollueur au monde, 53% des habitants pensent que l’homme n’a pas d’impact sur le réchauffement climatique.

Alors, à défaut de s’évertuer à polluer moins, pourquoi ne pas justement prendre un malin plaisir à polluer plus et à le revendiquer ?

Dans le reportage "Etats-Unis : qui sont les climatosceptiques ?" diffusé jeudi 3 décembre dans le magazine Envoyé Spécial, les journalistes sont partis à la rencontre de ces anti-écolo dont le passe-temps favori est de faire des bras d’honneur à l’environnement.


Envoyé spécial. Le rolling coal

Passion pollution

Appelée "Rolling Coal" (charbon roulant), cette pratique consiste à brûler volontairement du diesel par l’accélération soudaine d’une voiture tunée, si possible dans le nez des piétons, des cyclistes et des voitures hybrides.

Pour ces citoyens ordinaires, frange hardcore de l’électorat républicain, il s’agit – en plus d’être cool – de se rebeller contre la pensée dominante.

Ils passent donc leurs week-ends à trafiquer moteurs et pots d’échappement de leurs bolides pour s’assurer d’en dégager un maximum de fumée noire. Un savoir-faire que certains garages monnaient entre 2000 et 15000 dollars selon le reportage.

En Virginie occidentale, l'Etat qui compte le plus de climatosceptiques (deux-tiers de la population), des rallyes polluants sont même organisés lors des fêtes de villages. Exit les courses en sac, ici l’activité phare consiste à faire un maximum de bruit tout en rejettant un maximum de CO2. Et pour défier les lois récemment votées interdisant cette pratique, le mieux reste encore de poster ses exploits sur Internet.

Un raisonnement qui trouve notamment racine dans le fondamentalisme religieux catholique et protestant. Pour ces croyants, penser que l’homme a un impact sur le climat et la planète est impossible car il ne peut pas se substituer à Dieu. CQFD.

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