Le président philippin traite Barack Obama de "fils de pute"

Le président philippin, Rodrigo Duterte, a insulté Barack Obama à la télévision. Un dérapage diplomatique qui a décidé le POTUS à annuler une rencontre bilatérale prévue entre les deux chefs d'État en marge du sommet de l'Asean.

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© YouTube

Barack Obama ne rencontrera pas le président philippin. Alors qu'une rencontre bilatérale était prévue entre les deux dirigeants, en marge du sommet de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean) à Ventiane, au Laos, Rodrigo Duterte, a proféré lundi 5 septembre en conférence de presse des insultes à l'égard de son homologue américain, le qualifiant de "fils de pute".

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Connu pour son franc-parler, Rodrigo Duterte "regrette que ses remarques devant la presse aient causé une telle controverse", selon un communiqué du gouvernement philippin. "Le président Duterte a expliqué que des commentaires de presse selon lesquels le président Obama lui ferait la morale sur les exécutions extrajudiciaires l'avaient conduit à ce commentaire virulent" affirme le communiqué dans une tentative de justification des propos présidentiels.

Alors que les États-Unis et l'ONU s'inquiètent de la violence de la campagne de lutte antidrogue du président philippin, celui-ci a déclaré lundi qu'il n'avait "pas de maître" et que son pays "n'[était] plus une colonie des États-Unis", rapporte L'Obs. Élu en mai dernier, Rodrigo Duterte avait déjà annoncé la couleur le 6 août dernier lorsqu'il avait affirmé n'en avoir "rien à faire des droits de l'homme", dont les défenseurs ne sont que des "cœurs sensibles". Il n'y a donc pas eu de surprise quand il a annoncé qu'il ne rencontrerait pas Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, au Laos.

On pourrait presque lire sur ses lèvres… (© Euronews/YouTube)

On pourrait presque lire sur ses lèvres… (© Euronews/YouTube)

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"Tirer pour tuer"

Rodrigo Duterte entend bien mener sa campagne "tirer pour tuer" jusqu'à la fin de son mandat. Sa politique contre le trafic de drogue, vivement critiquée à l'international, est effet particulièrement violente. Le président a clairement lancé un appel au meurtre en affirmant aux policiers qu'ils ne devaient "pas hésiter à tuer des trafiquants".

La population est elle aussi invitée à se joindre au combat. Parmi les 2 400 morts comptabilisés en 2 mois, rapporte Europe 1, (seulement) 900 ont été tués durant des opérations policières. Les autres décès "font l'objet d'enquêtes" selon la police. Une façon délicate de dire que ce sont des exécutions extrajudiciaires.

Le divorce n'est cependant pas prononcé

Barack Obama, très diplomate, a répondu aux questions lors d'une conférence de presse en décrivant Rodrigo Duterte comme un homme "haut en couleur" et qu'il maintiendrait l'entretien s'il était sûr que celui-ci soit "constructif", a rapporté une correspondante de Radio France internationale.

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"Nos deux délégations sont tombées d'accord sur le fait qu'à la lumière des problèmes sur lesquels il nous faut encore travailler, la réunion bilatérale entre nos deux nations, est reportée sine die" a garanti Manille de son coté. Une réunion à laquelle le gouvernement américain tenait énormément sachant que les Philippines, engagé dans des différends territoriaux avec Pékin sur la mer de Chine méridionale, et les États-Unis sont liés par un accord militaire. Pour Washington, il est stratégique de rester assuré de la libre circulation des ses navires dans la région.

Par Bérénice Rebufa, publié le 06/09/2016

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