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Mark Zuckerberg vs Tim Cook : pourquoi les titans de la tech se clashent

Publié le

par Pierre Schneidermann

Crédit : Twitter / Wikimedia/Presidência do México

Deux patrons, deux visions, une incompatibilité.

(© Twitter ; Wikimedia/Presidência do México)

L’affaire Cambridge Analytica n’en finit plus de faire parler d’elle : chez Facebook (en interne), de l’autre côté de la forteresse avec la prolifération du hashtag #DeleteFacebook brandi par les utilisateurs, et même à l’intérieur du royaume impitoyable de la Silicon Valley.

Il y a en effet eu Elon Musk, qui, le 23 mars dernier, a supprimé les pages Facebook de SpaceX et Tesla, se fendant de quelques tweets humiliants à l’encontre du réseau social. Deux jours avant, Brian Acton, l’un des cofondateurs de WhatsApp, avait incité ses followers, toujours via Twitter, à supprimer leur compte Facebook.

Et voilà que Tim Cook, patron d’Apple, vient déposer quelques grains de sel sur une plaie déjà saignante. Dans une interview donnée à la chaîne MSNBC – la vidéo sera diffusée dans son intégralité le 6 avril –, la journaliste a demandé à l’entrepreneur ce qu’il aurait fait à la place de Zuckerberg, ce à quoi il a répondu sans l’ombre d’une hésitation : "Je ne me serais jamais retrouvé dans cette situation."

Comment le CEO de la 9e entreprise la plus riche au monde peut-il se permettre un tacle pareil ? Parce que la philosophie et le modèle économiques d’Apple ne ressemblent en rien à ceux de Facebook. Apple propose des produits payants, Facebook des services gratuits. Apple annonce respecter la vie privée, Facebook organise des orgies de transferts de données pour optimiser les annonces ciblées. Tim Cook résume l’opposition en ces termes :

"La vérité, c’est que nous pourrions nous faire des tonnes d’argent si nous monétisions nos clients, si nos clients étaient nos produits. Mais on nous a choisis pour ne pas agir ainsi."

Mark Zuckerberg s’est défendu de ses accusations le 2 avril dans le podcast The Ezra Klein Show, produit par le pureplayer américain Vox :

"Il me paraît important que nous ne développions pas tous un syndrome de Stockholm. Il ne faut pas que les entreprises qui vous font débourser de l’argent vous convainquent qu’elles sont davantage à vos petits soins que les autres. […] Cela me paraît ridicule."

Et quant au fait que ses clients seraient des produits, le milliardaire de 33 ans a répondu : "C’est complètement spécieux et ça ne reflète pas à la réalité."

Voici donc un joli coup de com pour Apple, qui se présente en chevalier blanc, faisant oublier les tracasseries récentes liées à l’obsolescence programmée et à son écosystème fermé. Plus que jamais, Facebook ressemble à une passoire et Apple à un bunker, pour reprendre une comparaison récemment établie.

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