L’un des nombreux détournement d’une photographie de l’auteur des sévices infligés au fameux chaton, appelant ici sans trop d’équivoque à l’abattre d’une balle (Crédits image :

Chaton torturé ou quand la police sévit grâce aux réseaux sociaux

L'affaire dite de "Farid de la Morlette" a pris une ampleur inédite sur la Toile. Retour sur une traque orchestrée sur les réseaux sociaux.

L'un des nombreux détournement d'une photographie de l'auteur des sévices infligés au fameux chaton, appelant ici sans trop d'équivoque à l'abattre d'une balle (Crédits image :

La semaine dernière a vu un emballement médiatique bien particulier s'emparer des réseaux sociaux. Une vidéo diffusée sur le compte Facebook d'un Marseillais de 24 ans le montre en pleine torture d'un chaton. Sans entrer dans les détails, le film montre le jeune homme, qui se présente sous le nom de "Farid de la Morlette", en train de lancer l'animal contre un mur, puis un autre, avant de jouer avec le corps du petit chat.

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Il n'en fallait pas plus dans la cruauté gratuite pour déclencher une véritable chasse à l'homme sur les réseaux sociaux. Très vite, le dégoût a cédé la place à l'indignation, puis à la colère, puis aux pétitions en ligne... jusqu'aux menaces de mort. Farid "de la Morlette", habitant de la cité de la Maurelette à Marseille, est vite interpellé par la police et placé en garde à vue. Vendredi 31 janvier, la gendarmerie nationale envoie un tweet qui en dit beaucoup.

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C'est la Gendarmerie Nationale qui l'écrit : c'est bien "Grâce à vos signalements via Twitter" que Farid de la Morlette a été arrêté. C'est en effet notamment sur le réseau social à l'oisillon pour logo que le tortionnaire de félidé a été signalé, générant le partage de pétitions - comme celle hébergée sur Avaaz et récoltant ce lundi plus de 260.000 signatures - et de noms d'oiseaux à l'encontre du jeune homme.

La traque

Il faut préciser que l'emballement volatile est allé loin, très loin. Très vite, le cinéaste amateur de snuff movies félins voit son nom complet ainsi que d'autres données personnelles révélées. Le lieu du tournage tourne sur la Toile. Ces informations sont aussi massivement relayées sur des pages Facebook créées dans l'intention de punir l'auteur de la torture du chat par la loi... mais aussi de nuire purement et simplement à Farid de la Morlette.

Plus que des pages demandant la condamnation du personnage, elles sont vite devenues la plateforme des haineux de toute sorte. On aura tout lu : slogans idiots, dérives racistes, morales obscures, appels à la torture, mais aussi carrément au viol, ou à la mise à mort pure et simple. Face à ce déchaînement (notamment relayé par de nombreux blogs d'extrême-droite s'appropriant sans merci les origines maghrébines du tortionnaire), la Fondation Brigitte Bardot, la SPA et les forces de l'ordre lancent un appel au calme.

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Récupération politique

On goûte avec peu de joie la récupération politique du Front National local orchestrée par Stéphane Ravier, candidat aux élections municipales pour la cité phocéenne. Dans une brillante bafouille intitulée "Farid de la Morlette ou la cruauté d'une racaille", l'homme politique promet que "maire de Marseille, il supprimera toute allocation municipale aux individus reconnus coupables de tels actes et soutiendra les associations protectrices du monde animal".

Une nouvelle vidéo de violences

À l'heure où nous écrivons cet article - et alors que le tortionnaire du chat a été reconnu coupable des faits et condamné à un an de prison - une autre vidéo d'agression fait frémir la Toile. Surprise : c'est Marie-Arlette Carlotti, ministre en charge des personnes handicapées et de la lutte contre l'exclusion, qui la porte à la connaissance de tous.

Dans cette vidéo, on verrait plusieurs garçons poussant un jeune homme à terre, puis se jouant de lui avant de le pousser dans une rivière pour "se venger", selon le Huffington Post France.

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Comme d'habitude, les commentaires les plus répugnants appelant à "fusiller" ou même "gazer" les auteurs/acteurs de la vidéo sont proférés sur les réseaux. Un rappel nous semble utile : l'existence du site internet-signalement.gouv.fr, qui permet d'avertir les autorités "des signalements de contenus ou de comportements illicites auxquels vous vous seriez retrouvés confrontés au cours de votre utilisation d'Internet".

De quoi éviter les appels à la haine, au tabassage, au viol, au meurtre ou à toute vindicte populaire nostalgique du Troisième Reich contre l'auteur d'un crime, aussi nauséeux soit-il.

Par Théo Chapuis, publié le 03/02/2014

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