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La réponse parfaite de l'humoriste Kevin Razy à Nadine Morano

Publié le

par Louis Lepron

Après la sphère politique, c'est l'humoriste Kevin Razy qui a décidé de répondre aux derniers propos polémiques de Nadine Morano. Avec raison et pertinence. 

Petite discussion entre français de race noire #Nadine

Petite discussion entre français de race noire #Nadine▲ Lobby du SAMOUSSA ▲Sur Scène du JEUDI AU SAMEDI A 20HRESA=> http://www.billetreduc.com/137963/evt.htmSource : François Gemenne, INSEE, Pr Xavier Chojnicki..

Posted by Kevin Razy on mercredi 30 septembre 2015

"T'as vu ce qu'elle a dit Nadine Morano ?". Une semaine après le dérapage verbal de la député européenne sur le plateau d'On n'est pas couché à propos de la France, "pays de race blanche", l'humoriste Kevin Razy s'est permis de lui répondre via une vidéo d'un peu plus de 3 minutes publiée ce mercredi 30 septembre. Elle a fait mouche, et pas seulement à travers son succès – la vidéo a été visionnée plus de 1,7 million de fois en moins de 24 heures.

Face à un double ignorant, Kevin Razy enchaîne les références et les raisonnements qui remettent en cause les lieux communs sur l'immigration en France. On vous en a sélectionné cinq et on a apporté quelques précisions :

1. "Déjà, on va arrêter de parler de race parce que ça n'existe plus depuis deux ans dans la constitution française"

Effectivement : le jeudi 16 mai 2013, les députés français adoptent, par un vote à main levée, une proposition de loi du Front de Gauche qui supprime le mot "race" de la législation française. Neuf codes et 13 lois non codifiées sont concernées.

Le porteur de cette loi s'appelle François Asensi, député du Front de Gauche. Selon lui, il s'agit avant tout d'une contribution symbolique : "En décidant de supprimer la catégorie juridique de races, notre Assemblée contribue à faire avancer notre société au plan idéologique et pédagogique, même si, nous en sommes tous convaincus, ce geste symbolique ne suffira pas à effacer le racisme".

2. "La France accueille moins d'immigrés que l'Angleterre, que l'Allemagne"

À moitié vrai. En 2014, un rapport de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) relayé par Le Figaro comptabilisait 400.000 migrants qui s'étaient installés en 2012 en Allemagne, constatant un bond de 38% par rapport à l'année précédente et faisant du pays d'Angela Merkel le deuxième pays le plus demandé au monde par les immigrés, après les États-Unis. La même année, la France en accueillait 240.000.

En ce qui concerne l'Angleterre, c'est moins vrai. En 2014, si la France avait près de 62.735  personnes qui demandaient l'asile (soit 1 pour 1053 habitants), l'Angleterre en avaient 31.745 (soit 1 pour 2019 habitants). Mais il existe une nuance à apporter : la France accepte moins que l'Angleterre. Son taux est de 21,6% de décisions favorables en première instance, contre 38,9% pour l'Angleterre.

3. "L'immigration rapporte de l'argent à la France..."

Exact. Dans un article de Courrier International, l'équation était simple : les immigrés sont une bonne affaire car, s'ils reçoivent 47,9 milliards d'euros de l'État, ils en reversent près de 60,3 milliards. Soit un solde positif de 12,3 milliards d'euros pour la France.

Aussi, comme le précise l'hebdo français, "il faut ajouter d’autres revenus pas toujours monétaires, mais d’une grande importance sociale et économique : les immigrés occupent l’immense majorité des emplois dont les Français ne veulent pas, et 90 % des autoroutes ont été et sont construites et entretenues avec de la main-d’œuvre étrangère".

4. "... et c'est les expulsions qui coûtent le plus cher"

Oui, l'expulsion d'un immigré coûte cher. Officiellement, son coût pour l'année 2009 (sous gouvernement de Nicolas Sarkozy) s'élevait à 415,2 millions d'euros, soit 20.970 euros par personne. A contrario, selon un rapport de l'OCDE dévoilé en juillet 2014 par La Libre Belgique, l'immigration rapporte 3500 euros par individu chaque année.

5. "60% des immigrés qui débarquent en France sont diplômés"

Encore vrai. En 2012, selon les chiffres de l'INSEE, "63 % des immigrés entrés en France en 2012 sont au moins titulaires d’un diplôme de niveau baccalauréat ou équivalent et un quart est sans diplôme". Et l'évolution va dans le bon sens : "Entre 2004 et 2012, toutes origines confondues, la part des immigrés ayant un diplôme au moins équivalent au baccalauréat a augmenté de 7 points, dont 2 points entre 2009 et 2012".

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