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Rencontre avec Joachim Son-Forget, l’homme qui brigue la tête du bureau exécutif de LREM

Publié le

par Astrid Van Laer

À la veille de l’élection du bureau exécutif de La République en marche (LREM), le candidat de la liste numéro 3, Joachim Son-Forget, nous a exposé ses intentions et ambitions.

Au lendemain du débat du 16 novembre qui a opposé les quatre listes en lice pour reprendre la tête du bureau exécutif de La République en marche, Joachim Son-Forget, considéré comme l’opposant principal de Christophe Castaner, a accordé à Speech un entretien téléphonique.

Selon lui, la confrontation d’arguments s’est "très bien" passée, et il a pu faire entendre son programme, qu’il juge "relativement distinct", même s’il ne peut s’empêcher de répéter sa "loyauté vis-à-vis d’Emmanuel Macron et ceux qui l’entourent".

Fort d’avoir "ressuscité le débat interne", ce spécialiste en sciences cognitives, diplômé de Normale Sup, dit être candidat pour "tendre la main à ceux qui sont des déçus d’hier et d’aujourd’hui, et aller chercher de nouveaux marcheurs demain". À la veille de l’élection, qui se tiendra lors du congrès de La République en marche le 18 novembre à Lyon, le député de la 6e circonscription des Français établis hors de France plaide pour un vote à bulletin secret, arguant :

"Je préfère le vote à bulletin secret car je pense que le secret de l’isoloir est quelque chose de très important, c’est l’un des fondements de la démocratie. Si on ne l’obtient pas, j’espère que les gens pourront agir avec courage, affirmer leurs idées. On ne peut pas penser que les choses sont actées d’avance. On ne peut pas se rendre au conseil politique du plus grand parti de France en pensant que tout est joué d’avance.

Le poste de délégué général est important, et du reste, je soutiens Christophe Castaner à qui j’ai accordé ma confiance et mon parrainage. Par contre, il ne gouverne pas seul, il gouverne avec un bureau exécutif, qui est une sorte de gouvernement du mouvement et, en dessous, en parallèle, il y a un parlement qui est le conseil de LREM. Tout ça doit fonctionner de manière assez huilée avec un système d’écoute mutuelle."

"J’y vais pour gagner"

Ce radiologue, qui continue à exercer une fois par semaine, est persuadé que sa démarche va séduire : "Moi, j’y vais pour gagner." À seulement 34 ans, ce dernier part donc confiant, car selon lui, il y a de "vraies divergences" concernant la méthode et la façon dont le mouvement politique doit être incarné et représenté.

Même si la liste de l’actuel porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, est donnée gagnante, Joachim Son-Forget assure être là pour faire entendre une voix dissidente. Il détaille notamment l’ouverture sur l’Europe et le monde, qu’il juge nécessaire notamment en raison de l’échéance prochaine des élections européennes :

"Ce que je veux, c’est que l’on puisse expliquer une vision sur le sentiment d’appartenance européenne, afin qu’elle concurrence les véhémences nationalistes que l’on voit surgir partout. Sur ce sujet, il faut vraiment avoir des petits relais partout, et faire des Français des communicants de cette idée et des ambassadeurs de cette vision."

Joachim Son-Forget insiste également sur l’idée de démocratie interne, participative et inclusive, dans le but d’avoir une vraie vision d’avenir sur le long terme, et surtout de "ne pas reproduire le schéma vertical de l’exercice du pouvoir, imposé par la Constitution et les institutions". Il développe ainsi :

"L’autre point qui constitue mon projet est de former tous les référents et animateurs, de leur donner de vrais outils de riposte et de préparation pour la suite, parce que nous, nous ne sommes que de passage : on ne fera qu’un mandat ou deux pour la plupart des députés qui sont de ma liste. Donc il faut préparer ceux d’après. Il faut un véritable trait d’union entre les militants et nous, qui avons accédé à des fonctions temporaires."

Souhaitant aider "ceux qui aimeraient pouvoir être mieux consultés", Joachim Son-Forget dit ne pas avoir d’autre ambition politique, du moins "pour l’instant". Il ne semble d’ailleurs pas avoir la politique chevillée au corps. La neuroradiologie et sa passion pour le clavecin, qu’il pratique professionnellement, occupent encore une partie de son emploi du temps, déjà bien chargé à cause des allers-retours entre sa ville, Genève, et Paris.

À voir -> Vidéo : l’interview Speech avec Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement

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