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J'ai rencontré l'homme le plus classe du monde

Publié le

par Vincent Glad

George Abitbol a du souci à se faire : l'homme le plus classe du monde est désormais Berlinois, a 70 ans et va souvent au Berghain.

(Crédit Image : @ilcolorblu.com)

À Berlin, on n'est pas surpris quand on le croise au bord du canal de Kreuzberg, toujours seul, impeccablement habillé, dansant au rythme de la musique de ses écouteurs. Un papi encore plus hipster que le plus hipster de tes amis ? On ne s’étonne plus de rien à Berlin.

Et puis un jour en allumant Facebook, j’ai découvert que Günther Krabbenhöft était devenu une superstar du web, renommé “Grandpa hipster”. Découvert sur Reddit, repris sur 9Gag où il totalise près d’un million de likes, Günther a eu les honneurs de la presse mondiale, le Huffington Post américain et même le Nouvel Obs français.

Personne ne l’avait encore rencontré, ne serait-ce que pour vérifier cette légende tenace qui court sur Internet : il aurait pas moins de 104 ans ! Günther Krabbenhöft me donne rendez-vous dans une agence de talents de Kreuzberg, où il finit une séance photo pour son nouveau book.

Günther en pleine séance photo. @ Vincent Glad

Première surprise : avant même qu’Internet le sacre, il exerçait déjà depuis quelques mois le métier d’homme le plus classe du monde, catégorie super vétérans. Il a déjà posé notamment pour le label japonais United Arrows. "Je m'habille comme ça depuis des années. Je suis hyper étonné que ça me tombe dessus maintenant", explique Günther. Retraité, il vit dans la capitale allemande depuis cinq ans, depuis sa séparation avec son ex-femme.

Le point de départ : une photo

Tout a commencé il y a environ deux mois quand un homme lui a demandé s'il pouvait le prendre en photo à la station de métro Kottbusser Tor. "Non, non, pas de photos", répond-t-il. L’homme insiste, supplie et il finit par craquer: "OK, mais vous ne la rendez pas publique". C'est cette photo qui a fait le tour de l'Internet.

At 104 years old he still got his swag #9gag

Une photo publiée par 9GAG (@9gag) le

Günther n’est pas vraiment impressionné par sa nouvelle célébrité, tout au plus amusé : "Je suis submergé de messages de jeunes gens qui m'écrivent sur Facebook : "Superbe!" "C'est formidable comment vous vous habillez!"". Mais il tient à démentir une bonne fois pour toute cette légende sur son âge :

J’ai 70 ans, pas 104, les gens sont fous ! Je crois que je vais finir par poster une photo sur mon Facebook avec ma carte d’identité.

(Crédit Image : United Arrows)

L’oeil encore plein de malice, la stature parfaite, Günther ne fait définitivement pas centenaire. Surtout quand on le croise... un dimanche soir au Berghain en train de danser dans ses habits de gala alors que la foule, moite et épuisée, est à moitié nue.

L’Internet avait raté ça : Günther est un habitué du Berghain. "C’est vrai que je vais souvent en club, au Berghain ou au Sisyphos", dit-il tranquillement, comme si c’était la plus banale des occupations. Sa première dans le mythique club berlinois, c’était en mars dernier, escorté de deux jeunes filles qui l’avaient abordé dans le métro : "Hé, ça te dit un Berghain ?".

Günther, qui partait boire un verre, a accepté. "À l'entrée, le videur leur a demandé leur âge — elles avaient 22 ans — et j'ai dit au videur en me marrant: "Tu ne me demandes pas à moi ?"".

Eh bien non, il semblerait qu’à Berlin, ça n'’étonne personne qu’un tel personnage sorte en club. Günther est d’ailleurs loin d’être le grand-père le plus célèbre des soirées berlinoises, c’est de très loin Komet, dont on avait fait le portrait, qui domine le game.

Günther, seul, au Klunkerkranich, un célèbre rooftop de Berlin. © Klunkerkranich

En club, comme dans la rue, il est toujours seul. "J'adore me balader seul dans Kreuzberg, avec de la musique dans les oreilles. Je n’écoute pas de la techno — juste en club — mais plutôt de la musique française : Edith Piaf, Yves Montand ou Juliette Gréco".

S’il ne parle pas un mot de la langue de Molière, Günther admire la culture française : "Dans ma jeunesse, j'ai été un existentialiste, je fumais des Gauloises et j'adulais Françoise Hardy". Et si le secret de la classe éternelle était d’être francophile ?

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