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Réforme de l’université : au revoir APB, bonjour les stages de remise à niveau

Publié le

par Astrid Van Laer

Lundi 30 octobre, le gouvernement a présenté son "Plan étudiants". Il s’agit d’une réforme universitaire qui a pour but de tenter de diminuer le taux d’échec en licence, ainsi que le trop grand nombre d’élèves sans affectation.

Lundi 30 octobre, le Premier ministre Édouard Philippe, la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal et le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, étaient réunis pour présenter leur "Plan étudiants".

Après les multiples accusations formulées à l’encontre de la plateforme de sélection post-bac APB – notamment la mise en demeure du ministère de l’Enseignement supérieur par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), le 28 septembre dernier –, Frédérique Vidal avait annoncé une réforme du système d’orientation.

En effet, la Cnil avait déploré un "manque d’intervention humaine" dans le processus de sélection des étudiants et demandé aux universités de "cesser de prendre des décisions concernant des personnes sur le seul fondement d’un algorithme". Ce constat avait été corroboré par la ministre, qui avait qualifié APB d'"énorme gâchis" et assuré que tout allait changer dès 2018.

Le Plan étudiants ne proposera plus de présélection mais un accompagnement obligatoire. Il pourra s’agir d’un stage intensif ou de cours renforcés, par exemple. Sous la forme d’un contrat pédagogique entre l’étudiant et l’université, le système fonctionnera sur le mode du "oui, mais", afin d’éviter l’écueil des bacheliers qui se retrouvent sans affectation, ou celui des étudiants qui sont admis à une formation sans nécessairement avoir le niveau requis.

Lutter contre "le naufrage" du système

Le Premier ministre a détaillé la réforme de son gouvernement : "Dans la plupart des cas, [l’université] dira 'oui' et dans certains cas, elle dira 'oui, si'. Si quoi ? Si le candidat accepte un parcours adapté qui lui permet justement de réussir dans la filière qu’il a choisie."

Le chef du gouvernement a évoqué un "naufrage", "celui d’un système sélectif, brutal et profondément inégalitaire" et a assuré que la nouvelle plateforme serait "plus simple, rapide, et accueillante". Avançant un chiffre frappant – "65 % d’échec à la fin de la licence, au bout de quatre ans" – le chef du gouvernement a expliqué qu’il fallait distinguer le "droit déclaré" à entrer à l’université du "droit effectif". Puis il a développé son propos en ces termes :

"Je ne pense pas que laisser un lycéen s’engager dans une voie dont on sait par avance qu’elle est semée d’embûches, sans l’alerter, sans lui proposer une aide, un accompagnement, ce serait lui rendre service. Je ne le crois pas. […]

Lui rendre service, c’est beaucoup plus lui dire 'vous n’avez pas reçu les apprentissages nécessaires pour suivre en première année dans cette filière'. Donc si véritablement vous êtes motivés – et si [vous l’êtes] c’est parfaitement respectable – alors on va vous proposer un parcours adapté pour vous donner toutes les chances de réussir dans cette filière."

Le projet de loi sera présenté en conseil des ministres le 22 novembre prochain, après avoir été examiné par Conseil national supérieur de l’éducation.

À lire -> Plateforme APB : la Cnil met en demeure le ministère de l’Enseignement supérieur

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