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Les votes blancs et nuls explosent tous les records

Publié le

par Théo Mercadier

C’est la première fois que le vote blanc dépasse les 10 % à une élection présidentielle. Un signal sévère dont on espère que la prochaine majorité présidentielle saura tirer les leçons.

On n’avait jamais vu ça : d’après les derniers chiffres dévoilés par Ipsos, les votes blancs et nuls atteindraient le total hallucinant de 12 % des suffrages exprimés au second tour de l’élection présidentielle. Pour vous donner un ordre de grandeur, le dernier record datait de la présidentielle de 1969, où 6,4 % des électeurs avaient décidé de voter blanc. Il faut ajouter à cela la très forte abstention : plus de 25 % des Français majeurs ne sont pas allés voter ce dimanche 7 mai.

Cette forte percée du vote blanc peut s’expliquer par l’absence totale de suspens qui a marqué la campagne de l’entre-deux-tours, tous les sondages donnant systématiquement Emmanuel Macron gagnant sur Marine Le Pen d’au moins 10 points. Dès lors, de nombreux électeurs ont estimé pouvoir voter blanc en toute liberté, sans craindre de contribuer à faire élire le Front national. Les appels au "ni ni" plus ou moins assumés faits par certains candidats malheureux du premier tour – comme Jean-Luc Mélenchon, Nathalie Arthaud et Philippe Poutou –, ont aussi contribué à pousser les Français vers le vote blanc. Un vote qui, loin d’exprimer l’indifférence, a plus que jamais une forte dimension protestataire.

Ceux qui depuis des années militent pour une plus grande reconnaissance du vote blanc voient aujourd’hui leurs revendications acquérir une légitimité nouvelle. En effet, si Emmanuel Macron a récolté 65,5 % des suffrages exprimés, les votes blancs et l’abstention dessinent une victoire nettement moins reluisante. En les additionnant, ce sont pas moins de 37 % des personnes inscrites sur les listes électorales qui ont aujourd’hui refusé d’accorder leur voix à l’un ou l’autre des deux derniers candidats.

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