Le récit glaçant d'un homme victime de violences policières

Un homme a raconté sur Facebook l'atroce histoire de l'un de ses collègues qui a été victime de violences policières.

Manifestation contre les violences policières à Toulouse, en 2014 (© Commons/Pierre Sélim)

Photo d'illustration d'une manifestation contre les violences policières à Toulouse, en 2014 (© Commons/Pierre Sélim)

"Il vient d'arriver cela à un collègue enseignant à Paris 1 [...]. Une scène horrible et impensable il y a quelques années. Le discours anti-flic primaire me fatigue. Mais à un moment il faut ouvrir les yeux."

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C'est sur ces mots que démarre le récit glaçant que livre sur Facebook Guillaume Mazeau, maître de conférences en Histoire et civilisations à la Sorbonne. Il raconte ainsi comment l'un de ses collègues, resté anonyme pour l'instant, a subi des violences policières et des attouchements accompagnés de menaces de viol. Pourquoi ? Parce qu'il a essayé de filmer une scène de violence de la part des agents de police envers une femme noire — ce qui est légal comme le rappelle Libération.

Ce qui suit est à peine croyable et fait froid dans le dos. La victime raconte avoir été mise de côté par deux des nombreux policiers présents sur place, et avoir subi une double clé de bras, suivie de menaces, de mains aux fesses, de coups de Taser et de fouilles illégales (de son portefeuille et de son portable). En voici un extrait :

"Le pire en réalité n’était pas la douleur. Les deux flics qui sont sur moi sont surexcités. Et ils se lâchent. Crânes rasés, les yeux brillants, j’ai du mal à croire que la scène qui suit est réelle. 'On va te tuer, tu es mort, on va te défoncer, je te crève là sur place dans dix minutes'. Et au fur et à mesure que les cartilages s’étirent sous la torsion, ils remontent mes poignets dans mon dos, et augmentent la torsion. Celui de gauche me met la main sur les fesses. 'T’as cru que t’allais jouer avec la police ? Regarde comme on va jouer avec toi.' Et il me met une première béquille. Puis il remet sa main sur mes fesses. Avec les clés de bras, je ne peux plus respirer normalement. Nouvelle béquille. 'On va te violer, ça te plaît ça ? Je vais te violer et on va voir si après tu filmeras la police.'

Ça continue. 'Tu soutiens Daech c’est ça ?' 'Quand ils vont venir tu feras quoi ? Tu vas les sucer ?' 'Faudra pas pleurer et demander qu’on te protège.' [...] Ils ouvrent mon sac et prennent mon portefeuille, le vident dans mon dos. Ils me prennent mes clopes en me disant de m’asseoir dessus. Ils trouvent ma carte de prof précaire à la fac. 'T’es prof ? Quand l’État islamique viendra à la Sorbonne tu vas les regarder en te branlant ?' Celui de gauche : 'Regarde-moi sale pédé. Sale pute. Tu habites là-bas hein ? (il montre mon immeuble) Je vais venir chez toi, je vais mettre une cagoule et je vais te violer.'"

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Vous pourrez retrouver le post dans son intégralité ici. Dans les commentaires, Guillaume Mazeau explique que la victime cherche actuellement à porter plainte. Nous avons cherché à le joindre afin d'en savoir plus, mais n'avons pas eu de réponse pour l'instant.

Par Arthur Cios, publié le 23/09/2016

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