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À cause du réchauffement climatique, la végétation s'empare de l'Antarctique

Publié le

par Jeanne Pouget

Green Island en Antarctique est couverte de mousse (©Matt Amesbury)

Conséquence du réchauffement climatique, le continent blanc se drape d’un manteau vert. Et si la terre de glace devenait une forêt ?

Green Island, en Antarctique, est couverte de mousse. (© Matt Amesbury)

Des chercheurs ont découvert des pans de mousse poussant au nord de la péninsule Antarctique, lieu habituellement couvert de glace. Une nouvelle preuve, s’il en fallait, du réchauffement climatique, qui atteint les lieux les plus reculés et froids de la planète. Les chercheurs ont ainsi identifié deux espèces de mousses différentes qui grandissent de trois millimètres par an en moyenne sous la glace en hiver, pour faire leur apparition en été lorsque celle-ci fond. Ainsi, la mousse serait conservée sous la glace pendant l’hiver où des températures de plus en plus basses sont favorables à sa conservation.

"Assez justement, les gens identifient l’Antarctique à un lieu de glace, mais notre travail démontre que certaines parties sont vertes, et seront amenées à être de plus en plus vertes", détaille Matthew Amesbury, chercheur à l’université d’Exeter (Royaume-Uni) et auteur principal de l’étude, au Washington Post. "Même ces écosystèmes reculés, dont les gens pensent qu’ils sont relativement épargnés par l’humanité, montrent des effets du réchauffement climatique."

(© Matt Amesbury)

Une modification historique du paysage

Depuis plusieurs années, les températures ne cessent en effet d’augmenter dans les pôles, entraînant la fonte des glaces et l’élévation du niveau de la mer. Les chercheurs estiment que la quantité de végétation qui s’y développe est quatre à cinq fois plus importante qu’à l’accoutumée, ce qui entraîne une modification historique du paysage. Rob DeConto, un glaciologue de l’université du Massachusetts, analyse pour le Washington Post :

"C’est un autre indicateur que l’Antarctique recule en terme géologique, ce qui est logique puisque le niveau de CO2 dans l’atmosphère a atteint un niveau jamais vu par la planète depuis le Pliocène, il y a trois millions d’années, quand la couche de glace de l’Antarctique était plus petite, et que le niveau de la mer était plus haut."

Et de poursuivre :

"Si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas maîtrisées, l’Antarctique pourrait reculer encore plus sur le plan géologique, peut-être même que la péninsule redeviendra boisée, comme cela était le cas durant les climats du Crétacé et de l’Éocène, lorsque le continent ne contenait pas de glace."

Il rappelle que cette poussée est modeste, comparée au même phénomène observé en Arctique, où les satellites ont mis à jour un grand tapis vert. Ironie du sort : en Arctique, il y a tellement de plantes qui poussent que les scientifiques espèrent que ces nouveaux écrins de verdure contribueront à compenser le trop-plein d’émissions de gaz carbonique émises sur la planète.

À lire => Big up : les humains ont réussi à contaminer les fonds marins les plus reculés de la planète

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