In a photo taken, Sunday, Sept. 29, 2013, a Syrian opposition fighter takes cover during an exchange of fire with… Lire la suite

Un gagnant du Pulitzer viré de l'agence AP pour une retouche photo

Hier, l'agence de photo Associated Press a annoncé avoir licencié le photographe de guerre freelance Narciso Contreras - détenteur d'un prix Pulitzer - après s'être rendu compte qu'il avait effacé sur un de ses clichés une caméra de télévision. La photographie, qui a été prise en septembre 2013, représente un rebelle syrien en action dans le village de Telata.

Une faute d'éthique impardonnable pour l'AP qui a déclaré dans un communiqué :

La réputation de l'agence est primordiale et nous réagissons vigoureusement quand elle est ternie par une violation de notre code éthique. Effacer délibérément un élément d'une de nos images est inacceptable.

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(AP Photo/Narciso Contreras)

Contreras a lui même avoué avoir effacé en post-production la caméra d'un collègue, ce qui a obligé l'agence à le sanctionner et à regarder de plus près les 500 clichés que leur a vendu le photographe mexicain en deux ans de collaboration. Néanmoins, aucune autre image ne semble avoir été altérée.

AP a également retiré toutes les clichés du photographe de ses archives. Santiago Lyon, directeur photo de l'agence, a précisé que cet événement "altérait la vérité et la précision de l'information même s'il ne s'agissait que d'un détail de l'image".

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Cette décision, Santiago Contreras la regrette. Mercredi, il justifiait son acte en disant qu'il avait peur que la caméra ne distraie les gens :

J'ai pris la mauvaise décision en effaçant la caméra...j'ai honte de l'avoir fait. En parcourant mes archives, vous pouvez voir qu'il s'agit d'un cas isolé qui s'est probablement produit à un moment très stressant, dans une situation très difficile, mais oui, je l'ai fait, donc je dois en assumer les conséquences.

Une photo biaisée

Même si, comme le souligne l'AP, la caméra n'était qu'un détail de l'image, le fait est que Contreras s'est pourtant senti obligé de l'effacer. L'information transmise par la photo se retrouve inexorablement biaisée : aussi petit que soit cet élément, il démontre que le rebelle n'était pas seul avec le photographe et que l'évènement était aussi couvert par un journaliste de télévision.

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Si l'objectif du caméraman avait été davantage sur la gauche, le photographe mexicain aurait pu cropper la photo plutôt que la retoucher numériquement. Et personne n'aurait rien dit car la pratique est acceptée par les agences, même si parfois elle peut occulter des éléments clés.

Cette affaire fait écho à la photo lauréate du World Press 2013, à qui on avait reproché d'avoir été trafiquée.

Par Constance Bloch, publié le 24/01/2014

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