Implantée dans le cerveau, cette puce pourrait un jour rendre la vue aux aveugles

Plutôt que de réparer directement l’œil, le FlatScope, une sorte de microscope plat implanté dans le cerveau, pourrait permettre de contrôler nos sens.

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À ce stade de nos connaissances technologiques, il n’est plus interdit de pronostiquer la disparition pure et simple de certains handicaps, comme la cécité ou la surdité, d’ici quelques décennies, tant des techniques diverses et variées (prothèses mécaniques, greffes, implants) produisent presque continuellement des résultats toujours plus encourageants. Dernière piste de réflexion en date, rapportée par Engadget, le FlatScope, une puce à implanter dans le cerveau qui agit comme une sorte de microscope à neurones. Et pourrait bien, un jour, nous offrir un contrôle total sur nos sens.

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Développé par une équipe de chercheurs de l’université de Rice, le FlatScope se présente sous la forme d’un microprocesseur plat, placé à la surface du cerveau (le cortex), capable d’observer certains neurones conçus pour générer de la lumière lorsqu’ils sont en activité. Une fois ces neurones détectés, la puce transmet le message à d’autres parties du cerveau, créant une sorte d’itinéraire bis pour la circulation de l’information. La technique existe déjà dans le traitement de l’épilepsie ou de la maladie de Parkinson mais "les puces les plus avancées ne possèdent que 16 électrodes", explique l’un des ingénieurs sur le site de l’université, "ce qui crée une limite pratique à leur capacité à capturer et représenter l’information dans le cerveau." Le FlatScope, lui, pourrait observer et stimuler plusieurs centaines de milliers, voire un million de neurones à la fois.

L’objectif ? Créer une interface cerveau-machine efficace, capable de non seulement analyser la répartition des signaux électriques à travers les neurones mais également de les capter et les distribuer à l’envi. Avec cette approche, plus besoin de prothèses pour réparer nos sens handicapés : un simple capteur optique remplacerait un œil et un bête micro un tympan. Et si ce contrôle des sens était atteint, cela ouvrirait logiquement la voie à leur amélioration : un tel dispositif d’émission-réception de données à l’intérieur du cerveau pourrait un jour nous permettre de disposer de capacités extrasensorielles, comme la détection des champs magnétiques, la vision nocturne ou même la détection des ondes wifi, pour ceux que ça brancherait. On comprend mieux, d’un coup, pourquoi le projet s’inscrit dans l’initiative Neural Engineering System Design (NESD) à 65 millions de dollars annoncée cette semaine par le Darpa, le laboratoire de recherche de l’armée américaine. Qui voit bien plus loin que la "simple" réparation de sens endommagés.

Par Thibault Prévost, publié le 17/07/2017

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