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La Roumanie pourrait bientôt avoir une Première ministre musulmane

Publié le

par Louis Josse

© Facebook

Ce serait une première dans un pays dont la population n'est pas majoritairement de confession musulmane : Sevil Shhaideh pourrait devenir la (première) Première ministre de Roumanie. 

Sevil Shhaideh. (Via Facebook)

À 52 ans, Sevil Shhaideh pourrait bien cumuler les premières : première femme tout d'abord, mais aussi première musulmane à être désignée à la tête du gouvernement roumain. Un événement historique qui pourrait avoir lieu après Noël, lorsque le président roumain Klaus Iohannis rendra sa décision publique. Pas sûr qu'il ait réellement d'autres choix, Sevil Shhaideh étant la candidate proposée par le Parti social-démocrate (PSD), majoritaire au Parlement depuis les élections législatives du 11 décembre dernier.

Précisons tout de même ce qui ferait de cette nomination une vraie première sur notre continent. Comme l'a justement noté Anthony Bellanger sur France Inter, deux femmes musulmanes ont déjà exercé au plus haut de l'échiquier politique en Europe : Tansu Çiller, Première ministre turque entre 1993 et 1996, et Atifete Jahjaga, présidente de la République kosovare entre 2011 et 2016. Or la Turquie et le Kosovo sont deux pays majoritairement musulmans, contrairement à la Roumanie dont la population est à 80 % orthodoxe.

Candidature téléguidée

Sevil Shhaideh brigue la tête du gouvernement dans un contexte complexe, alors que des accusations de corruption pleuvent sur la classe politique roumaine. Liviu Dragnea, président du PSD et initialement destiné au poste de Premier ministre, avait ainsi dû renoncer au poste après une condamnation à deux ans de prison (avec sursis) pour fraude électorale. Dernièrement, il s'est vu accusé par l'opposition de vouloir placer un pantin au pouvoir en la personne de Mme Shhaideh, encore relativement inexpérimentée à l'échelle nationale, malgré ses six mois en tant que ministre du Développement régional et de l'Administration publique en 2015.

Des accusations corroborées par les récents propos de Liviu Dragnea, qui a affirmé que si "elle [Sevil Shhaideh] devait devenir Première ministre, la responsabilité politique me reviendrait avant tout". Espérons donc que la nomination d'une femme musulmane ne se révèle pas être un progrès d'apparence, mais bien une avancée majeure vers une représentation équilibrée des sexes et des confessions aux plus hauts postes d'État.

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