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Primaire de la droite : quand le débat tourne au clash de cour de récré

Publié le

par Clotilde Alfsen

Réunis dans la prestigieuse salle Wagram, les sept candidats à la primaire de la droite se sont lâchés pour le second débat, jeudi 3 novembre. Ils se sont lancé des punchlines acerbes et Nicolas Sarkozy était au centre des attaques. 

© Capture d'écran BFM TV

On s'est un peu moins ennuyé en regardant ce deuxième débat hier soir sur BFM TV ou i-Télé. Les sept candidats ont décidé de la jouer offensif et se sont allègrement chamaillés pendant deux heures trente. On vous éclaire sur les petites punchlines qu'on a relevées.

Sarkozy pris pour cible

Les sept candidats, exception faite de Jean-Frédéric Poisson (membre du Parti chrétien-démocrate), ont tous bossé au gouvernement lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy. L'ancien chef de l'État n'a d'ailleurs pas manqué de le rappeler : "Ils ont le droit d'être candidats. De même qu'ils avaient le droit d'accepter les responsabilités que je leur ai confiées. Aucun ne m'a supplié de quitter le gouvernement…" 

Si Nicolas Sarkozy leur a donné du boulot, les cinq anciens ministres sont aujourd'hui candidats et, comme souvent en compétition électorale, ils n'ont pas manqué d'attaquer l'ex-président sur son bilan. Jean-François Copé a notamment reproché à Nicolas Sarkozy les accords du Touquet  entre la France et le Royaume-Uni. Ce traité, signé en 2003 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, portait sur la mise en œuvre de contrôles frontaliers dans les ports de la Manche et de la mer du Nord.

À cette critique, Nicolas Sarkozy contre-attaque: "Ce n’était pas l’accord du Touquet, mais l’accord de Canterbury [signé en 1986, ndlr] qui a été renégocié, on n’est pas obligé de bien connaître le dossier."

Nathalie Kosciusko-Morizet, a été, rappelons-le, évincée en décembre 2015 de la direction du parti Les Républicains après avoir critiqué la stratégie de Nicolas Sarkozy durant les élections régionales. Depuis, elle ne s'entend pas très bien avec l'ancien chef du parti. L'ancienne ministre de l'Environnement n'a pas hésité à rappeler que leurs désaccords ne datent d'ailleurs pas d'hier : "Ça fait quelque temps que nos lignes politiques ont divergé", a-t-elle lancé hier soir.

L'ancienne numéro deux des Républicains a évoqué fièrement et à plusieurs reprises le Grenelle de l'environnement de 2007, organisé sous la présidence Sarkozy : "Dommage que je sois la seule à en être fière aujourd'hui !" Le message était adressé à Nicolas Sarkozy, qui a récemment pris un virage climatosceptique. NKM a insisté, assénant à l'ancien président :"Je regrette qu'aujourd'hui, tu dénigres de cette manière le Grenelle de l'environnement." Vers la fin du débat, Nathalie Kosciusko-Morizet n'a ensuite pas manqué d'adresser un dernier uppercut à Nicolas Sarkozy : "On a eu le burkini, on a eu les Gaulois, et maintenant, on nous fait le coup de l'invasion centriste : c'est à la fois mensonger et stupide !"

Cible de nombreuses critiques, Nicolas Sarkozy a annoncé dès le début du débat qu'il ne briguerait pas un troisième mandat s'il était réélu en 2017 : "J’aurai 67 ans à la fin de ce second mandat, si par hypothèse les Français me le confiaient. Ce serait le temps de remercier la France pour toutes ces années consacrées à son service." Mais avec lui, on ne sait jamais...

Petit clash entre amis

Dans cette avalanche de punchlines, le clash entre Bruno Le Maire et Nicolas Sarkozy a été le plus croustillant. Bruno Le Maire avait promis d'être offensif et il ne nous a pas déçus. Le député de l'Eure, qui se veut le "candidat de l'honnêteté", s'est lancé dans un petit flow contre Sarko en commençant par une première remarque : "Certains sur ce plateau avaient promis de ne pas se représenter s'ils avaient été battus, ou de se concentrer sur leur ville. S'ils avaient tenu leurs promesses, on serait peut-être moins nombreux sur ce plateau." Ambiance.

Mais Nicolas Sarkozy ne s'est pas laissé faire : "Commence d'abord par essayer d'être élu ! Tu verras que c'est très difficile."  Et pour achever définitivement Bruno Le Maire : "C'est la défaite qui fait apprendre des choses, comprendre des choses, et faire évoluer une personnalité. Je souhaite d'ailleurs que ça t'arrive." 

Finalement, la grosse déception de ce débat a été l'absence de clash entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé. Alors que l'ancien chef de l'État a passé la semaine à attaquer François Bayrou pour viser indirectement, et pas très discrètement, Alain Juppé, soutenu par l'ancien candidat centriste, il ne s'est pas du tout prêté au jeu hier soir.  Nicolas Sarkozy a même semblé fermer les yeux sur ses différends avec François Bayrou : "J’ai pris un engagement, je le tiendrai. Je suis pour une alliance avec le centre. Je suis pour un centre avec nous, matin, midi et soir."

Pour Europe 1, le gagnant c'est François Fillon. Et c'est vrai que l'ancien Premier ministre est celui qui s'est montré le plus sage. À la traîne dans les sondages (10% des intentions de vote), François Fillon n'a pas lâché une critique, pas une petite vanne. Pendant ce temps, les autres candidats se penchaient tous sur leur pupitres pour mieux se chamailler avec leurs camarades.

Un débat donc très mouvementé, ponctué de petites phrases et de quelques intox. On vous recommande de vous rendre sur le site de France info pour lire en détail les piques que les candidats se sont lancées à la figure.

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