(Capture d’écran CBS)

Les temps forts de la première interview de Donald Trump

Le nouveau président des États-Unis, Donald Trump, a profité d'une interview donnée à CBS pour clarifier ses positions. On revient pour vous sur les points-clés.

Donald Trump ne logera pas à la Maison-Blanche avant le 20 janvier 2017, date de la passation de pouvoir avec Barack Obama, mais il a d'ores et déjà endossé son costume présidentiel. Dans une longue interview donnée à l'émission d'information la plus connue des États-Unis, 60 Minutes, sur CBS, il a développé et précisé ses intentions sur les points-clés du programme soutenu au cours de sa campagne.

Son programme officiel avait été annoncé très tardivement, fin juillet, et n'avait à l'époque pas provoqué de réactions majeures. En fait, ce sont surtout les déclarations chocs de Donald Trump sur l'avortement, la construction d'un mur à la frontière mexicaine ou le port d'arme, qui ont permis aux citoyens américains de connaître les intentions du candidat. L'interview du 13 novembre vient nuancer certaines de ces annonces et, surtout, en confirmer d'autres.

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(Capture d'écran CBS)

(Capture d'écran CBS)

Expulser 3 millions d'immigrés clandestins

On est bien loin des 11 millions initialement annoncés au cours de la campagne. Le candidat Trump avait progressivement adouci cette proposition pour ne viser que les immigrés clandestins coupables d'un crime. "Ce que nous allons faire, c'est prendre les gens qui ont un casier judiciaire, les criminels, les membres de gang, les dealers. Ça fait beaucoup de monde, probablement entre 2.5 et 3 millions. Nous les sortirons de notre pays ou les mettrons en prison. Nous les sortirons, ils sont là illégalement."

Un discours ferme donc, et qui cible plus précisément la diaspora mexicaine, à l'image de ce qu'il a montré tout au long de sa campagne. Il a cependant demandé aux agresseurs de personnes issues des minorités d'arrêter leurs agissements criminels. Des observateurs démocrates avancent en effet que ces agressions se sont multipliées depuis l'élection du candidat républicain.

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Refuser le salaire présidentiel

Donald Trump ne percevra pas les 400 000 dollars (environ 372 000 euros) annuels habituellement perçus par le président des États-Unis au cours de son mandat, soit près de 30 000 dollars (28 000 euros) par mois. À la place, il ne touchera qu'un dollar symbolique par mois, ce à quoi l'oblige la loi américaine.

Il faut dire que l'homme d'affaires n'est pas vraiment dans le besoin ! Le magazine Forbes a estimé sa fortune à 3,7 milliards de dollars (3,4 milliards d'euros) en septembre, bien que certains zones d'ombre subsistent. Le fait de refuser le salaire présidentiel représente donc un geste politique fort tout en laissant son portefeuille intact. Pas mal.

(Capture d'écran CBS)

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Amender l'Obamacare

Donald Trump avait promis, tout au long de sa campagne, de supprimer l'Obamacare, cette réforme du système de santé qui permet à 22 millions d'Américains, grâce à des subventions étatiques, d'accéder à des remboursements de soins. La mise en place du système, en 2010, avait soulevé une vague de protestations, principalement dans le camp républicain, critiquant les failles techniques de la réforme. D'un autre côté, les ménages qui y ont souscrit ont tous vu leur salaire annuel augmenter de 2 000 dollars (1 860 euros).

Dans son interview, Donald Trump a donc confirmé qu'il souhaitait seulement amender le système de santé, et non plus le "supprimer dès le premier jour de son mandat", comme il l'avait répété à plusieurs reprises au cours de sa campagne.

Un mur entre le Mexique et les États-Unis ? "Une clôture" par endroits

Sur la question la plus brûlante et polémique de son programme, le président élu décide maintenir le cap. Le coût du projet, estimé à 8 milliards de dollars (7,4 milliards d'euros), avait fait tiquer plus d'un membre du Parti républicain, d'autant que le Mexique refuse catégoriquement de financer les travaux. Devant ces protestations, Donald Trump a ainsi proposé de ne construire qu'une clôture à certains endroits. "Pour certains endroits c'est mieux, pour d'autres un mur est plus approprié. Je m'y connais, ça s'appelle de la construction."

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Dans l'absolu, le projet reste donc une priorité de Donald Trump. Aucune date de début des travaux n'a toutefois été annoncée.

Avortement, port d'arme et mariage homosexuel

Le président n'a pas le pouvoir d'agir directement sur la question de l'avortement, cette prérogative revenant à la Cour suprême. Cette institution est aujourd'hui amputée d'un membre depuis la mort du juge Antonin Scalia en février 2016. Donald Trump devra donc nommer un nouveau juge dès qu'il accèdera au Bureau ovale, un juge dont la couleur est déjà annoncée : "Je suis pro-life et les juges seront pro-life [anti-avortement, ndlr]. Ils vont être très favorables au deuxième amendement [sur les armes, ndlr]". Une telle nomination porterait le nombre de juges conservateurs à 5 (contre 4 libéraux) et ouvrirait ainsi une longue période de domination des conservateurs à la tête de la Cour suprême. Donald Trump garde donc le cap résolument conservateur adopté tout au long de sa campagne.

À contre-courant d'une partie de son électorat, le président élu n'a en revanche pas manifesté le souhait de revenir sur le mariage homosexuel, légal aux États-Unis depuis juin 2015. Il respecte ainsi le choix de la Cour suprême à l'époque : "C'est la loi, ça me convient", a-t-il simplement commenté.

Par Théo Mercadier, publié le 14/11/2016

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