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Selon une étude, voilà pourquoi les jouets Lego sont de plus en plus violents

Publié le

par Arthur Cios

Oui, le bat-shuriken est considéré comme une arme (© Paul Hudson / Creative Commons / Flickr)

Une étude néo-zélandaise souligne que 30 % des jouets du catalogue Lego présentent des armes, tandis que 40 % des scénarios contiennent de la violence. En cause, la compétition avec les jeux vidéo et le cinéma.

Oui, le bat-shuriken est considéré comme une arme. (© Paul Hudson / Creative Commons / Flickr)

Les principaux opposants aux jeux vidéo mettent en avant une violence dangereuse pour les plus jeunes. Pourtant, il ne s'agit clairement pas d'un élément propre à l'univers vidéoludique. Du cinéma à la télévision en passant par la bande dessinée, on trouve de la violence partout. La preuve avec cette étude de l'université de Canterbury (Christchurch, Nouvelle-Zélande), repérée par Libération, qui met en avant l'importance des armes chez Lego, plus grand constructeur de jouets au monde.

La firme danoise produit des briques de toutes les couleurs depuis 1949 et les premières armes sont apparues en 1978, sous forme d'épées, de haches et de lances. Depuis, ces dernières ont pris une place prépondérante dans le catalogue puisque des armes sont présentes dans 30 % des kits proposés, tandis que 40 % de ceux-ci contiennent de la violence et des guerres dans leur scénario.

Un résultat que le porte-parole australien de Lego, Troy Taylor, a tenté de justifier comme il a pu.

"Le conflit fait partie intégrante du développement naturel d’un enfant. Les raisons pour utiliser des armes et des conflits peuvent se trouver dans des contextes plus larges, au sein d'une histoire complète s'inscrivant dans un thème spécifique, par exemple comme celui de la lutte pour sauver le monde. Nous tentons toujours d’utiliser l’humour quand c’est possible, car cela permet de réduire les niveaux de conflit."

Une concurrence de plus en plus rude

Derrière cet argument contestable par bien des aspects se cache une réalité de concurrence de plus en plus rude. L'étude confirme le fait que cette tendance est globale.

"Les créateurs et producteurs de jeux [vidéo, ndlr] et de films font tout ce qu’ils peuvent pour repousser les limites de ce qui est autorisé en matière de violence afin qu’un contenu inchangé ne lasse pas leur public. En résulte un contenu de plus en plus créatif et violent.

Pour retenir l’attention de leurs clients, les fabricants de jouets sont, de la même manière, enfermés dans une course métaphorique à l'armement pour créer de nouveaux produits excitants. Dans cette course, non seulement ils sont en compétition avec d’autres fabricants de jouets mais aussi avec la télévision et les jeux vidéo, qui sont aussi devenus plus violents ces dernières années."

Par ailleurs, Lego n'est pas le seul mastodonte de ce secteur à exploiter ce filon. Une autre étude démontre que Playmobil suit la même trajectoire. La question de la lutte contre cet effet de mode se pose alors pour certains États, tandis que l'Afghanistan a banni l'année dernière les jouets en forme d'arme à feu.

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