The Smell Of Us de Larry Clark

Pourquoi la présence de skateurs rend les villes plus sûres

Un article du Guardian rappelle que les skateurs contribuent à la gentrification des villes. Quand ils élisent domicile dans un parc, ils redonnent de la valeur aux alentours et transforment les "no go zones" en "place to be". Avant d’en être chassés…

The Smell of Us de Larry Clark. (© Jour2Fête)

"Laisse pas traîner ton fils, si tu ne veux pas qu’il glisse", rappait NTM. Si les ados sont occupés, ils sont moins amenés à faire de bêtises. Le Guardian confirme la théorie en publiant cette semaine un article sur les skateurs et la sûreté des villes.

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Le magazine prend l’exemple du Southbank, célèbre skatepark de Londres qui fut fermé en 2004, laissant beaucoup de kids à l’abandon. Le lieu devrait rouvrir pour accueillir à nouveau les skateurs, après avoir abrité un lieu vide entouré de magasins. Mais cela coûterait 790 000 livres (environ 875 897 euros) pour restaurer l’endroit. Et les skateurs n’ont pas cet argent dans les poches de leur baggy…

Le Guardian a interrogé des habitués du quartier qui racontent pourtant que les alentours du park étaient bien moins safe avant l’arrivée du Southbank et que, grâce à lui, des commerces ont ouvert à côté. On peut ainsi lire :

"C’est ce que le skate fait : il remplit les fissures dans la société laissées par le développement capitaliste… c’est là que le skate existe. C’est comme un champignon, c’est comme de la mousse, il se développe dans les coins où personne d’autre ne veut être."

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Figures de proue du renouveau

Le Guardian rappelle que de nombreux architectes se sont penchés sur la question. Ocean Howell, ancien skateur professionnel et professeur d’histoire de l’architecture à l’université d’Oregon, avait démontré en 2005 la gentrification de toute une partie de Philadelphie après l’ouverture du Love Park.

Avant, c’était un no man’s land hanté par les dealers de drogue. Aujourd’hui, une sculpture de Robert Indiana et le City Hall sont ses voisins. Le journaliste Christian Kerr a écrit que si de jeunes garçons n’ont pas peur dans un lieu donné, alors un homme de 30 ans ne sera pas effrayé non plus, ni un homme d’affaires, ni une femme.

Mais l’ironie du sort, c’est qu’une fois que les environs sont à nouveau fréquentés, des magnats de la finance et de l’immobilier rachètent les parks pour y construire des grandes surfaces ou des buildings. Les skateurs redonnent de la valeur à des endroits de la ville avant d’en être délogés.

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Ça a été le cas pour de nombreux skateparks connus, comme l’Embarcadero et l’Hubba Hideout à San Francisco, Arco Rails à Los Angeles ou encore le Brooklyn Banks à New York, qui ont subi des liftings architecturaux. À Paris, heureusement, tout roule pour les skateurs qui ont notamment Bercy, la place de la République et le Trocadéro pour peaufiner leurs tricks.

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Par Violaine Schutz, publié le 09/08/2017

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